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Derrière la psychose des usurpations d'identité, un fabricant de broyeurs !

Le chiffrage bidon des victimes était signé Crédoc

Il a été utilisé pour faire voter deux textes de loi (dont celle sur le fameux "fichier des honnêtes gens"). Cité à l'Assemblée nationale. Repris des dizaines de fois dans tous les médias depuis 2009. Et pourtant, le chiffre de plus de 200 000 Français qui seraient victimes chaque année d'une usurpation d'identité ne correspond en rien à la réalité mesurée par les services de police et la justice. Mais s'il bénéficie d'une telle crédibilité, c'est qu'il a été imposé dans le débat public par une étude du Crédoc. Financée par… un fabricant de broyeurs de documents. Après un zoom sur ses liens avec les géants de l'agroalimentaire, deuxième volet de notre enquête sur le business du Crédoc, consacré à un habile plan média qui a très bien réussi.

"Mesdames, Messieurs, on estime à plus de 200 000 personnes par an les victimes, en France, d'usurpation d'identité. Non seulement il s'agit d'une infraction particulièrement traumatisante pour ceux qui en souffrent (…) mais elle constitue aussi une étape nécessaire pour la commission d'autres infractions." C'est par ces mots que s'ouvre l'exposé des motifs de la proposition de loi sur la "protection de l'identité", présentée en juillet 2010 par les sénateurs UMP Jean-René Lecerf et Michel Houel. Le texte visait à faire équiper les cartes d'identité de puces électroniques contenant photos et les empreintes digitales, et à établir "une base centrale des titres d'identité", regroupant les données de tous les Français. Pour les législateurs, 200 000 personnes sont donc victimes chaque année d'une usurpation d'identité, un délit qui entretiendrait d'ailleurs un lien "particulièrement étroit" avec "crime organisé ou terrorisme".

L'argument semble persuasif : la loi établissant ce "fichier central biométrique", ou "fichier des gens honnêtes", comme il avait été largement renommé par ses adversaires, a été adoptée par le Parlement en mars 2012. C'est le journaliste d'Owni Jean-Marc Manach qui dénonce le mieux les risques liés à ce projet, qui sur le principe permettrait de "ficher l'ensemble de la population française", au prétexte de mieux la protéger, notamment de l'usurpation d'identité. "Le fichier des «gens honnêtes» ne permettra pas vraiment d’empêcher les faux et usages...

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Commentaires d'utilité publique

Derrière la psychose des usurpations d'identité, un fabricant de broyeurs !

Oh que je me sens visée ! J'ai fait un papier -pour un féminin pratique- et j'ai cité ce chiffre, en ayant par ailleurs ...

Par J-net
le 28/06/2012
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