enquête du par

Ce qu'il faut savoir, avant de voir le film de Kassovitz sur le massacre d'Ouvea

La vérité à épisodes du gendarme Legorjus, inspirateur du film

Mots-clés : cinéma, Kassovitz, Ouvea

Le dernier film de Mathieu Kassovitz, L'ordre et la morale, fait sortir de l'oubli le "drame d'Ouvea", cette prise d'otages de gendarmes par des Kanaks indépendantistes, en Nouvelle-Calédonie, qui s'est soldée par la mort de 19 Kanaks et de 2 militaires le 5 mai 1988. Episode méconnu, considéré pourtant par certains comme un dérapage majeur de la République, le drame d'Ouvea devient "grand public", porté par un réalisateur de renom.Kassovitz se fonde – entre autres – sur le témoignage de Philippe Legorjus, alors commandant du GIGN, qui a tenté de négocier avec les preneurs d'otages, et a mené l'assaut avec l'armée. Dans un livre qui paraît ce mois-ci, Legorjus reconnait pour la première fois ces exécutions. Jusque-là, seuls des témoignages de Kanaks en attestaient. Bernard Pons, ministre des Dom-Tom de l'époque, et le général Vidal, en charge du commandement de l'armée, invités dans l'émission "Ce soir ou jamais", mardi 8 novembre, continuent de leur côté de nier farouchement.Retour sur un épisode tragique de la République, sur lequel la vérité n'a jamais été faite, puisque l'amnistie a tenté, peut-être sans succès, de refermer les blessures.

Quel message ressort du film ? Kassovitz insiste sur la disproportion des moyens utilisés par les militaires français contre les ravisseurs kanaks, il pointe le jeu des politiques, Mitterrand et Chirac, alors en pleine campagne présidentielle, qui ont préféré la force plutôt que la négociation. Surtout, une scène, à la fin, montre explicitement des exécutions sommaires de Kanaks, alors qu'ils venaient de se rendre. Ces accusations avaient émergé dès 1988, mais l'amnistie mise en place par les Accords de Matignon a interrompu enquêtes et poursuites.

En 1988, dans le contexte de loi Pons – du nom du ministre des Dom-Tom, qui remet en cause certains droits des Kanaks– plusieurs indépendantistes attaquent une gendarmerie de l'Ile d'Ouvea, à une heure d'avion de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Ils veulent occuper pacifiquement la gendarmerie, mais cela tourne mal : quatre gendarmes sont tués, les autres emmenés en otage. Le gouvernement français réagit avec force : 300 militaires sont envoyés, l'île est bouclée, interdite aux journalistes. On est alors entre les deux tours de l'élection présidentielle, dans laquelle s'affrontent le président sortant François Mitterrand et son premier ministre Jacques Chirac. Le 5 mai 1988, l'assaut est donné pour libérer les otages. Bilan : 19 Kanaks et 2 militaires sont tués. Le jour-même, dans Le Monde daté du 6 mai, c'est la version officielle qui est présentée : une opération magistralement menée, des preneurs d'otages...

Déjà abonné ?

Email      Mot de passe   

Le site par mots-clés

Commentaires d'utilité publique

Ce qu'il faut savoir, avant de voir le film de Kassovitz sur le massacre d'Ouvea

Bonjour à tous, Je précise d’emblée que j'habite à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Je m'intéresse depuis longtemps à ce ...

Par Blhite
le 11/11/2011
Tous les forums >