SIDA, Mediator, pilule : de nombreuses affaires de santé publique révèlent le poids des laboratoires pharmaceutiques sur les instances de santé publique, et donc sur l'information médicale. Et une loi, qui obligerait les médecins à déclarer leurs conflits d'intérêt, reste inappliquée.

Publié le 17/10/2010  Alimenté le 13/06/2016
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Médecins médiatiques et labos : leurs liaisons resteront secrètes

Triste histoire d'une loi que personne n'a jamais appliquée

Mots-clés : Borgne, Champix, Kouchner, Pfizer

Imaginez. Un médecin interviewé dans un journal de 20h sur une grande chaîne. Avant même de commencer son interview, le voilà qui déclare avoir travaillé récemment pour le laboratoire qui commercialise un produit dont il va parler. Inimaginable ? C'est pourtant ainsi que cela devrait se passer.

La loi dite "Kouchner" du 4 mars 2002, relative aux droits des malades, aborde cette question délicate des conflits d'intérêt qui peuvent exister entre un médecin et un laboratoire pharmaceutique, en particulier lorsque celui-ci est appelé à évoquer un produit dans les médias ou une manifestation publique (un congrès, par exemple).

Il ne s'agit pas de montrer du doigt tel ou tel médecin : tous ont des collaborations plus ou moins fréquentes avec un ou plusieurs laboratoires. Ce qu'impose cette loi, c'est tout simplement que lorsque ces médecins prennent la parole en public, leurs interlocuteurs doivent savoir d'où ils parlent.

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Ainsi, les médecins qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé, ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle, dit la loi.

Passée totalement inaperçue à l'époque, elle a cependant retenu l'attention de "l'association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et de patients", alias Formindep. Et pour cause, cette disposition s'inscrivait dans la droite ligne de leur action. Problème : sans décret d'application, la loi restait lettre morte.

Or, l'association a dû se battre avec les autorités pour que ce décret soit adopté, jusqu'à déposer un recours devant le Conseil d'Etat. Le même...

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