Journaux télé: anti-OGM, toute !
Seule France 3 a entendu le coup de gueule d'AccoyerIl ne fait pas bon prétendre argumenter en faveur des OGM, par les temps qui courent.
Samedi 12 janvier, l'information a fait l'ouverture des trois grands journaux télévisés : en 2008, il ne sera pas possible de cultiver ou de vendre le maïs OGM MON810 en France.
L'annonce intervient après des mois de polémique sur cette question sensible. Elle s'appuie très largement sur l'avis de la "Haute autorité provisoire sur les OGM", qui avait présenté ses conclusions sur le maïs controversé trois jours plus tôt.
A en croire le Ministère de l'Ecologie, l'organisme, officiellement dénommé Comité de préfiguration d'une Haute Autorité sur les OGM, pointait un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs.
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Cette version officielle a été largement relayée par les télés, qui ont fidèlement repris les termes employés lors d'une conférence de presse par le président du Comité, le sénateur UMP Jean-François Le Grand.
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Le choix des mots est ici primordial. Jean-François Legrand parle à dessein de doutes sérieux.
Pourquoi ? Parce que Nicolas Sarkozy avait justement indiqué qu'il était disposé à recourir à la clause de sauvegarde jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème si le Comité soulevait des doutes sérieux.
Le problème, c'est que l'avis du Comité ne comporte par les mots doute sérieux. Vous pouvez le vérifier ici. Et s'il pointe bien des faits scientifiques nouveaux, il ne les qualifie jamais de négatifs.
Le Grand est-il allé trop loin ? C'est ce que pensent 14 membres (sur 39) de son Comité. Dès le lendemain de la conférence de presse, ils ont publié un communiqué, se disant gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription.
L'un des signataires, Antoine Messéan, chercheur à l'INRA, explique à @rrêt sur images qu'il était important de distinguer l'établissement scientifique des faits et leur interprétation par le politique. A ses yeux, cette distinction n'a pas été suffisamment claire.
Le chercheur nous renseigne aussi sur la précipitation du processus du gouvernement : Nous nous sommes réunis la première fois le 14 décembre et nous avons achevé nos travaux le 9 janvier. En tout, nous avons dû fournir quatre jours de travail et tous les thèmes n'ont pas pu être abordés en profondeur.
De plus, les membres du comité n'ont validé qu'un projet d'avis, que certains jugeaient incomplet - il ne comporte que quatre pages - ou mal rédigé. Nous avons bien validé ces phrases ligne par ligne, mais personne ne nous a signalé que le document serait présenté à la presse dès que la première version serait achevée !, grince le scientifique. Certains d'entre nous jugent que le travail n'est pas allé au bout.
De cette révolte interne, aucune trace dans les JT des trois premières chaînes. Ou presque. Seul le 19/20 a évoqué le communiqué, dans une courte brève. Le même jour, France 3 était également la seule chaîne à avoir relayé le coup de gueule de Bernard Accoyer.
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Jeudi 10, le président UMP de l'Assemblée Nationale avait dit tout le mal qu'il pensait du travail de la Haute autorité provisoire. Regardez |
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Dimanche 13 janvier, Bernard Accoyer a récidivé, dans une virulente tribune du Journal du dimanche.
Les chaînes, elles, n'ont toujours pas entendu.
le 06/04/2009
le 16/01/2008
le 14/01/2008

