Les "pure players" transparents sur leurs subventions
La presse traditionnelle préfère le secret|
Lemonde.fr a entendu les appels à la transparence d'@rrêt sur images... Mais pas en totalité. Dans un article publié le 30 décembre sur son site, le quotidien dévoile les montants des subventions accordées à trois "pure players", dans le cadre du tout nouveau fonds d'aide au développement des "services de presse en ligne". |
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249 000 euros pour Rue89, 200 000 euros pour Mediapart et 199 000 euros pour Slate.fr. Selon LeMonde.fr, la première réunion de répartition des fonds alloués par l'Etat, qui s'est tenue le 21 décembre, a été bénéfique pour les trois sites d'information en ligne, membres du nouveau syndicat regroupant les acteurs de la presse en ligne, le Spiil, dont fait aussi partie @si.
Contrairement à nos collègues, nous avons décidé de ne pas solliciter d'aides de l'Etat, mais avions demandé que le montant des aides distribuées soit public. Une position que partagent tous les membres du Spiil, et notamment son président, Maurice Botbol, fondateur d'Indigo Publications. Et c'est justement lui qui a dévoilé au Monde les sommes qui devraient être attribuées aux membres du Spiil. "Les réunions de la commission qui examinent les dossiers sont confidentielles, ce qui est en soi acceptable, explique Botbol à @si. Mais nous jugeons en revanche problématique que les sommes attribuées restent secrètes. Or, à la première réunion de la commission, j'ai demandé que les subventions soient rendues publiques à la fin du processus. On m'a fait comprendre qu'il n'en était pas question. En étant transparents, nous essayons de montrer l'exemple !"
Il faut cependant préciser que, contrairement à ce que semble conclure Xavier Ternisien, le journaliste du Monde, les sommes allouées ne sont pas définitivement arrêtées. En effet, "seuls 18 des 70 dossiers déposés ont été examinés le 21 décembre", souligne Botbol. Une nouvelle réunion de la commission paritaire chargée de trancher est prévue le 19 janvier, et officiellement, aucune décision ne sera dévoilée avant que tous les dossiers aient été examinés, les montants pouvant encore évoluer : le fonds dispose de 20 millions d'euros, dont 80% devraient être distribuées sous forme d'aides, et 20% sous forme d'avances remboursables. Mais cette somme ne suffira pas à satisfaire tout le monde : en totalisant les demandes des 70 dossiers, on atteint une somme de 30 millions...
"Quand nous saurons définitivement ce que nous obtiendrons, nous en informerons bien sûr nos lecteurs sur la somme que nous avions demandé, celle que nous avons obtenue, et sur les projets qu'elle nous permettra de financer, indique à @si Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart. La transparence est indispensable." Position identique du côté de Rue89.
Les aides de l'Etat sont destinées à financer une partie des projets de développement ou d'innovations des sites. Rue89 s'en servira pour refondre la plate-forme de publication de son site, et Mediapart pour "des développements technologiques et, pour une petite partie, de développement d'outils marketing". "Il est important que dans une période de bouleversement technologique, l'Etat garantisse le pluralisme de l'information et une égalité de traitement entre "pure players" et presse traditionnelle, indique Edwy Plenel. Mais il est évident que nous ne lierons pas notre avenir à ces subventions, et qu'elle ne toucheront pas notre cœur de métier : produire de l'information."
La transparence n'est pas partout
Mais l'article du Monde.fr n'insiste pas sur un fait : l'effort de transparence des membres du Spiil n'est pas partagé par tous. Certes, Ternisien précise que la majorité des fonds ira vers les sites de la presse traditionnelle, qui peuvent eux aussi demander de l'argent, et ne s'en sont pas privés. Mais l'article donne très peu de détail sur ceux qui ont déposé une demande, et surtout sur ceux qui l'ont vue validée : "Des groupes comme La Dépêche, Bayard Presse ou Lagardère Active devraient être bien servis", se contente d'écrire Ternisien dans la première version de son article. Dans une seconde version, légèrement remaniée, il précise tout de même que "traditionnellement, les journaux répugnent à faire connaître le montant des aides qu'ils touchent de l'Etat".
En effet. Et c'est bien le problème : rien n'obligera ceux qui ont touché de l'argent à le dire. C'est d'ailleurs le choix que les groupes de presse traditionnels avaient fait l'an dernier. Malgré nos demandes répétées, nous n'avions pas réussi à savoir officiellement combien avaient touché les grands groupes de presse dans le cadre du "fonds d'aide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée d'information politique et générale". Ancêtre du nouveau fonds (désormais ouvert aux "pure players"), il disposait déjà de 20 millions d'euros à distribuer. Mais tout juste avions-nous réussi à savoir, sans précisions, que Le Monde, Le Figaro et Libération auraient touché plusieurs centaines de milliers d'euros chacun, pour les aider à refondre leurs sites internet.
Il n'y a pas de raisons particulières que tout cela change. L'article du Monde.fr ne détaille pas quels journaux ont déposé des dossiers (Le Monde n'en fait pas partie, il n'a pas déposé sa demande à temps). Et il ne précise pas que le montant des aides qu'ils demandent sont généralement bien supérieurs aux sommes espérées par les "pure players".
Mise à jour - 17h10 :
Pierre Haski, président de Rue 89 explique dans un billet publié sur son site la position de Rue89 dans ce débat : "Rue89 avait fait savoir lors de l'ouverture de ce débat l'an dernier, que nous n'étions pas demandeurs d'aide publique, et que dans un monde idéal, celles-ci ne devraient pas exister. Nous étions d'abord demandeurs d'équité, étant entendu que les aides attribuées aux sites des médias traditionnels constituaient des distorsions de concurrence dans ce nouveau secteur de l'information en ligne."
Haski précise le pourquoi de la subvention demandé par son site : "Rue89 a reçu un financement, qui doit encore être confirmé fin janvier, de 249 000 euros pour le développement d'une nouvelle plate-forme technique, soit 60% du montant total de la dépense, la différence, 165 000 euros, devant être financée par le site lui-même. Il ne s'agit en aucun cas de subventions de fonctionnement."
le 11/11/2009
le 11/11/2009
le 24/10/2008

