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Sans-papiers : le harcèlement Besson
Guerilla contre la CIMADE ou contre le Gisti : depuis son arrivée au ministère de l'Immigration, l'ancien socialiste Eric Besson a dignement pris le relais de Brice Hortefeux, pour appliquer les objectifs chiffrés de reconduites à la frontière. Et mène la bataille médiatique, avec ténacité...et mauvaise foi.
Publié le 02/07/2009  Alimenté le 03/12/2009
dans les forums le 28/11/2009 par la rédaction

Mariage gris, et conte de Noël

Dans le forum de la chronique de Judith Bernard "mariage gris, noires insultes, blanche nausée", notre @sinaute Tom- a posté le témoignage suivant, auquel nous souhaitons donner un large écho. Ce témoignage n'a pas été recoupé par la rédaction d'@si.

 

mariage gris

Allez, un conte de Noël. Ca s'appelle "des fois on gagne"

Ca se passe le 20 décembre 2006 en début de soirée. On est une douzaine devant la préfecture à se partager un paquet de cigarettes et à regarder la fenêtre encore éclairée du deuxième étage de la préfecture. On attend des nouvelles du camarade de la Cimade et du membre du cabinet du Maire qui sont allés implorer le directeur du cabinet de Madame le Préfet de faire preuve d'un peu d'humanité. Il fait très froid et on est un peu morts en dedans. On est là pour protester, mais on pense que c'est foutu, comme d'habitude. On s'est serrés les uns contre les autres. Pas pour avoir chaud, mais pour que le JRI de France 3 qui vient d'arriver, puisse faire croire en filmant en plan rapproché qu'on est nombreux. C'est un peu comme à la noce pour la photo sur l'escalier de l'Hôtel de Ville ; le journaliste fait un geste de la main qui veut dire "rapprochez-vous, le monsieur à droite, on vous voit pas dans le cadre". On grince parce qu'on n'a pas envie de rire. Mais c'est drôle.

 

Voir ce journaliste ici, avec nous, c'est un peu comme une doudoune chaude. On sent qu'on ne sera pas trahis, pour une fois. C'est la nouvelle antenne de France 3 Champagne-Ardenne. Il vient de s'installer. Nous, comme lui, on a été prévenus le matin même de ce rassemblement triste. C'est bien, cette antenne, parce que si ils avaient dû venir de Reims, ils ne se seraient pas déplacés. "Attention Madame le Préfet, y a la télé en bas qui est en train de filmer un vilain conte de Noël".

C'est important de pas être trahis. Le journal papier local en a raconté un autre, de conte. Il a raconté l'histoire poignante de cet ancien cultivateur perclus de solitude qui s'était résolu à aller chercher une épouse en Bielorussie. Il en avait ramené Svietlana, 30 ans et son fils, 6 ans. Une vraie mégère, lit-on sous la plume du journaliste. Le récit de l'enfer que Svietlana a fait vivre à ce brave homme et que rapporte l'Union avec de si vives couleur passe tout seul, comme une bonne lampée de ce vin rouge qu'on réchauffe avec de la sauge amère. Ces gens, surtout leurs femmes, ils ne sont pas comme nous, vous comprenez. En petits caractères, tout en bas de l'article, juste à côté d'une astérisque, il est même précisé que la manipulatrice a poussé le toupet jusqu'à porter plainte pour menaces de mort de la part de son mari.

La dame à côté de la grille de la préfecture serre l'article du journal collé sur une feuille de papier blanc. C'est elle qui a ramassé Svietlana, la joue marquée par les coups, qui errait dans la rue, son fils dans une main et un sac avec se affaires dans l'autre. Elle l'a hébergé quelques jours avant de lui trouver une place dans un foyer pour femmes battues. Svietlana et son gamin sont de l'autre côté de la place, dans les locaux grillagés de la Police de l'Air et des Frontières. Ils sont venus les ramasser au petit matin, la veille. Demain, ils vont les expédier en centre de rétention avant de les renvoyer à Minsk. "Rupture de la vie commune", c'est comme ça qu'est justifié l'arrêt d'expulsion.

Implacable loi française. Il aurait fallu rester à la maison et supporter en silence la loi de l'homme.

On est là depuis trois heures. Ca bouge du côté de la porte d'entrée de la préfecture. Manuel, de la Cimade, revient. Un sourire fend sa barbe noire. C'est bon, dans une heure, on va la chercher. On n'ose pas y croire. Il a fait valoir que le procès pour menaces de mort réitérées aura lieu en octobre et que Svietlana devrait pouvoir y assister. C'est malin. Bien sûr, ça ne tient pas, mais il y avait la caméra de France 3, prête à diffuser un reportage l'avant-veille de Noël. Madame le Préfet a sauté sur cette opportunité de sauver la face.

On est allé chercher Svietlana et son fils Arseni à la PAF. Les policiers ont chipé un des paquets-cadeau pour l'arbre de Noël des enfants de douaniers. Le gamin serre son costume de spider-man tout neuf. Svietlana est belle. Tout le monde s'en va.

Le type a été condamné à trois ans de prison avec sursis par la cour d'appel de Reims. Le jour de son baptême Républicain, Svietlana m'a dit que la France, c'est le pays de l'amour.

Mots-clés : CIMADE, mariage gris



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Commentaires
Mariages gris, noires insultes, blanche nausée
Je vais vous expliquer, Monnet. Vous avez raison. Rien dans ce communiqué n'est raciste. D'ailleurs, il est blindé de ...
Par Nonosse
le 26/11/2009
"Welcome peut faire bouger les choses"
Citation « …au cas ou ça échapperait à certains il est quand même bon de rappeler qu'au yeux de la loi française être ...
Par Francès Pérance
le 15/03/2009
"Welcome peut faire bouger les choses"
En voyant le sujet de l'émission je m'attendais à une débauche d'angélisme, de bon sentiments et de leçons de morale ...
Par Alex
le 13/03/2009
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