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suivi le 25/11/2009 par la rédaction

"Dégage sale arabe" : la victime et le ministère se renvoient la balle de l'enquête

Anyss Arbib explique pourquoi il hésite à porter plainte
Dati et Arbib au Grand Journal
Après la dénonciation de violences policières et d'injures racistes par un étudiant d'origine marocaine, en une de Libération, l'IGS n'a pas annoncé avoir ouvert d'enquête. De son côté, le jeune homme hésite à porter plainte. Mais celle-ci n'est pas indispensable à l'ouverture d'une enquête.

 

L'affaire faisait la une de Libération mardi 24 novembre : Anyss Arbib, étudiant à science po, témoignait de violences policières, dont il a été à la fois témoin et victime, le soir du match Egypte-Algérie.

Un témoignage frappant : "A ce moment-là, on voit un CRS fracasser le nez d'un jeune d'un coup de matraque net et précis. On regarde, atterrés. Un CRS s'approche de notre voiture, tape du poing sur la tôle et lance: "Qu'est-ce que tu regardes? Dégage, dégage!" (...) Au policier qui me demandait ce que je regardais, je lui réponds: "Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po." Réponse: "J'emmerde Sciences-Po!" Je lui fais observer que je suis poli avec lui et qu'il n'a pas à utiliser un tel langage. Il coupe court: "Ferme ta gueule." Son collègue me pulvérise sur le visage un gel lacrymogène. C'est la première fois que cela m'arrive. C'est une agression gratuite. Un geste injustifiable. Je n'arrive plus à respirer. Je sors de la voiture, je m'allonge par terre. J'ai la sensation d'agoniser en étouffant. Mon ami est dans le même état. Quand je reprends mes esprits, j'essaie d'avoir des explications. On me dit: "Dégage, sale Arabe!"



Dégage sale Arabe !

Contactée par Libération avant la parution de l'article, la préfecture de Paris avait simplement indiqué qu'"aucune plainte n'avait été déposée auprès de l'inspection générale des services" (IGS, la police des polices), et qu'elle était prête à "recevoir toute déclaration ou plainte concernant ces faits". Dans la journée de mardi, Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville, avait demandé l'ouverture d'une enquête, espérant "que les responsables seront rapidement identifiés et poursuivis".

Interrogé à ce sujet par Guy Birenbaum dans l'émission Ligne j@une, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet a expliqué qu'il y aurait une enquête si l'étudiant saisissait l'IGS. "En général, l'enquête suit un dépôt de plainte." Mais il ajoute que "peut-être qu'à la suite de ce récit, spontanément l'IGS va s'auto-saisir, ou le préfet de police va saisir l'IGS".

 

picto Le dépôt d'une plainte n'est donc pas indispensable à l'ouverture d'une enquête

 

Le soir même, Anyss Arbib était l'invité du Grand Journal de Canal+, tout comme Rachida Dati, ex-ministre de la Justice et aujourd'hui députée européenne.

Réalisant au passage la deuxième meilleure audience de l'histoire du Grand Journal picto

"La police est un des corps les plus contrôlés", assure Dati face au jeune homme. Elle l'encourage à porter plainte, assurant que le CRS en question sera alors sanctionné. "On sait qui on envoie sur des sites, le CRS on peut le retrouver".



Anyss Arbib, lui, explique pourquoi il hésite à porter plainte. "Pourquoi je n'ai pas porté plainte jusqu'à présent ? Les personnes qui m'accompagnaient sont soumises à divers contrôles de la préfecture, pour divers permis. Vous savez qu'aujourd'hui, pour un badge pour travailler à l'aéroport, le moindre pépin avec la police peut déboucher sur le retrait de ce badge. Ce sont des gens qui peuvent perdre leur emploi."

"Les témoins jusqu'à nouvel ordre sont pas mis en cause",
lui rétorque l'ancienne ministre.

Mots-clés : Amara, Anyss Arbib, CRS, Dati, Gérard Gachet, Libération, racisme



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Commentaires
"Dégage sale arabe" : la victime et le ministère se renvoient la balle de l'enquête
Ce qui est bien c'est l'équilibre : Si - nous - on dit : "Dégage sale flic !" C'est gnons, garde à vue pour outrage et ...
Par Patrice Guyot
le 25/11/2009
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