Peillon, Royal et la "psychiatrie lourde" : tandis que les noms d'oiseaux entre les deux anciens camarades socialistes alimentent la polémique depuis une semaine, Vincent Peillon estime avoir été piégé par BFM-TV le soir où il a lâché ces deux mots fatidiques.
La phrase a fait le tour des télévisions et des radios la semaine dernière : Vincent Peillon, en pleine guerre contre Ségolène Royal, a déclaré que c'était "de la psychiatrie lourde".
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Les propos avaient été diffusés mardi 17 novembre par BFM-TV "Elle a nommé trois préfets et reculé sur le vote des
militants. Non mais je vous jure on est en psychiatrie lourde, là. Je
réunis ce soir d'ailleurs les dirigeants du courant tout à l'heure.
Pour prendre la décision par rapport... Enfin on est élus, nous, on n'est pas des clowns !", commence-t-il. |
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"Rien, comme d'habitude, vous allez la commenter mais rien, puis on passera à autre chose demain. Si, qu'elle a reculé sur le vote parce qu'elle a peur, mais moi je vais redemander un vote. Moi je suis issu d'un vote, comme les vingt dirigeants du bureau national, où elle ne siège pas d'ailleurs. Elle a peur du vote, mais c'est de l'esbrouffe médiatique permanente", répond énergiquement le député européen.
Réponse de l'offensée : Royal compare Peillon au porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. En avril dernier, Lefebvre avait estimé que la socialiste avait besoin d'une "aide psychologique".
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Mais lundi 23 novembre sur France Inter, Vincent Peillon a assuré qu'il avait prononcé les termes fatals "psychiatrie lourde" hors du cadre formel d'une interview.
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"Il y a quelque chose d'horrible qui s'est produit, et ça me permet chez vous de le dire, c'est cette phrase sur la psychiatrie lourde. Alors, si elle a blessé Ségolène Royal, je lui dis très directement, elle ne te concernait pas", commence-t-il.
"Les choses se sont passées de la façon suivante : je
suis chez moi, je me rends à une réunion, mon téléphone protable sonne.
Une jeune fille de BFM me dit "Monsieur Peillon est-ce que vous
acceptez une interview", je lui dis "non", il était prévu que le
lendemain j'aille sur Europe et que le soir je parle à l'AFP. Elle commence à parler. Je lui dis "écoutez madame, les oiseaux ne nagent pas, les poissons
ne volent pas, et vous me demandez de
commenter des choses qui n'ont pas de sens, on se croirait dans "vol
au-dessus d'un nid de coucou", tout ça relève de la psychiatrie
lourde."
Il continue : "C'était une conversation privée, prise au dérobé, dans un
autre contexte, et voilà ce que ça a donné, le soir même : (...)
Lorsque j'arrive à ce dîner, François Rebsamen, David Assouline, qui
sont là, des responsables politiques, ont entendu comme Jean-Pierre Mignard cette
phrase passer et être mise en bandeau. (...) Nous corrigeons tout de
suite, nous appelons Olivier Mazerolle, nous
lui demandons de retirer cela, qui n'était pas une déclaration publique
et qui était dans un autre contexte. Il nous dit oui, et envoie à ce
moment-là une équipe. J'ai fait un son, à ce moment-là 20 personnes
sont présentes, pour dire si ça a pu être concerné (sic), je m'en excuse, et
toute la semaine a été faite là-dessus et instrumentalisée."
Une version que dément Patrick Roger, directeur de la rédaction de BFM. Ce soir-là, lorsque Royal déclare sur le plateau du Grand Journal qu'elle confie "l'animation" de son courant à Jean-Louis Bianco, Najat Belkacem et Gaëtan Gorce jusqu'aux régionales, la rédaction de BFM-TV veut une réaction de Peillon, qui anime ce courant. "Il n'y avait personne à la politique, c'est donc une reporter qui a appelé. Elle a dit qu'elle souhaitait une réaction et Peillon l'a donnée. Il a raccroché en disant que d'autres journalistes l'appelaient." Vingt minutes plus tard, un autre membre de la rédaction le rappelle, afin d'obtenir une déclaration face caméra. Il refuse alors.
Plus tard encore, l'attachée de presse du député européen rappelle Mazerolle, qui officie sur la chaîne en tant qu'éditorialiste politique, pour démentir. Suite à un marchandage entre les deux parties, BFM-TV cesse de diffuser le son vers 22 heures (alors qu'il est déjà repris en boucle sur internet), et va à la rencontre de Peillon pour tourner une interview face caméra, cette fois-ci, qui sera diffusée ensuite sur la chaîne. Peillon ne reparle alors pas de "psychiatrie lourde".
Sur le fond du problème, les versions divergent. "Vincent Peillon est suffisamment prudent pour ne pas tenir ce genre de propos devant une journaliste qu'il ne connaît pas", estime Olivier Mazerolle sur l'Express.fr, tandis que Patrick Roger soutient sa journaliste. "Le son diffusé n'a quasiment pas été coupé", assure-t-il. "Seule une relance de la journaliste, située après les mots "psychiatrie lourde", a été coupée. Malheureusement, et c'est ce qui m'embête un peu, elle n'a enclenché le micro qu'après le début de la discussion, et il nous manque quelques secondes au début. Mais il n'a pas parlé des oiseaux et des poissons. Il était très énervé contre Mme Royal."
Et comme l'a révélé Vincent Peillon aux auditeurs de France Inter, il sera ce vendredi sur notre plateau pour évoquer (entre beaucoup d'autres) ce sujet.
le 27/11/2009
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