Connectez-vous au site



Vous avez oublié votre mot de passe ?
Vous n'êtes pas abonné ?
Vous avez besoin d'aide ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?


Connectez-vous au site
Vous avez besoin d'aide ?

Royal, un cas à part
Transgressions, excuses, boubou, photos volées : le cas Royal, pour les médias, est manifestement un cas à part.
Publié le 12/05/2009  Alimenté le 03/12/2009
observatoire le 18/11/2009 par Dan Israel

Journaliste d'Inter chez Royal : ses ex-collègues sont gênés

Il n'est pas rare de voir des journalistes passer "de l'autre côté de la barrière", en devenant responsable de la communication de diverses institutions. Il est moins fréquent qu'une reporter politique chevronnée rejoigne les rangs de celle dont elle était chargée d'analyser la stratégie et de critiquer le travail.

En quittant France Inter pour devenir "conseillère spéciale" de Ségolène Royal, la journaliste Françoise Degois a déclenché le trouble parmi ses anciens confrères.

Françoise Degois

Allaient-ils oser ? La rédaction de France Inter allait-elle discuter des problèmes que pose le départ vers le cabinet de Ségolène Royal de Françoise Degois, dix ans d'ancienneté dans la radio, notamment en tant que grand reporter en charge du PS et chroniqueuse politique ? Réponse positive ce mercredi 18 novembre dans la bouche de... Stéphane Guillon.

Très à l'aise dans son rôle de fou du roi, l'humoriste a énuméré tout haut les questions légitimes posées par ce transfert. En faisant mine d'en rire, même si ses remarques sont tout à fait pertinentes : "Ce départ nous pose un problème de conscience. Même si France Inter est étiquetée à gauche, (...) on est quand même assujetti à une certaine impartialité. (...) En passant directement de l'écurie d'Inter à celle de Ségolène, elle jette la suspicion sur nous tous.'

Pour "rétablir l'équilibre", et détendre l'atmosphère, Guillon propose que l'éditorialiste politique Thomas Legrand aille travailler...

chez le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand picto






En dehors de France Inter, et sans le masque de l'humour, d'autres journalistes critiquent ce "transfert".

Face à Ségolène Royal, mercredi 17 dans le Grand journal de Canal +, Jean-Michel Aphatie reconnaissait certes qu'"on peut comprendre le point de rencontre" entre journalistes et politiques, mais assurait que "c'est un problème" puisque "du coup, on a l'impression que les journalistes ne sont pas à distance, qu'ils mélangent un peu tout, qu'ils ne sont pas capables de faire leur travail".

picto En réponse, Royal loue le "courage" de sa nouvelle recrue.


Aphatie s'était déjà arrêté sur le rapport entre les deux femmes. Degois est en effet l'auteur de Femme debout, un livre d'entretiens avec l'ex-candidate PS à la présidentielle. Sur son blog à l'époque, le journaliste s'interrogeait avec pertinence sur leurs relations : "Faut-il qu'il existe entre ces deux femmes un sacré lien, quelque chose qui relève de la confiance la plus forte, pratiquement de l'intimité. Du coup, cette proximité particulière brouille les cartes. Pour parvenir au résultat de ce livre, nous ne sommes pas vraiment en présence d'une responsable politique et d'une journaliste. Nous sommes, pour le moins, face à deux personnes qui ont connu beaucoup d'épreuves communes, les ont traversé ensemble, et ont forgé ainsi une complicité qui conduit l'une à confier à l'autre le formidable cadeau d'une parole «sans filtre»."

Un autre journaliste, Daniel Carton, y était allé plus fort dans son livre sur la présidentielle de 2007, Une campagne off. Il y traitait Degois (ainsi que deux de ses consœurs, sans les nommer directement) de "groupie" de Royal, "toujours sur la même longueur d'onde pour la propagande de leur protégée", "épousant son combat contre les horribles machos, misant, chose plus courante dans le milieu, sur son élection pour s'assurer éventuellement demain quelques promotions." Attaqué en diffamation par les trois journalistes, il avait été relaxé.

Qu'elle le démente ou non, Degois avait bien laissé échapper quelques paroles bienveillantes à l'égard de Ségolène Royal en 2007. En février 2007, Arrêt sur images avait consacré une émission aux relations singulières entre Ségolène Royal et les journalistes, et Perrine Dutreil s'était notamment attardée sur son cas.

Degois estimait à l'époque que juger Royal pas au niveau sur les questions de politique étrangère par exemple, était un "manque de professionnalisme" picto


Dans un récent article, Rue89 cite un dernier journaliste, qui assure "l'avoir vue «une ou deux fois sympathiquement souffler ses réponses à Ségolène Royal» lors de conférences de presse où l'élue socialiste cherchait ses mots". Françoise Degois a apporté un démenti ferme au site d'info et assure que sa proposition d'embauche, "la première", "date de trois semaines". La journaliste reconnaît néanmoins que sa nomination suscite un "effet de sidération" chez ses ex-confrères. Elle se justifie ainsi auprès d'Augustin Scalbert : "Ça fait vingt ans que je commente, maintenant je veux agir. (...) Je ne m'en suis jamais cachée: pour moi, c'est Ségolène Royal qui porte le mieux les valeurs nécessaires pour aujourd'hui et pour demain. (...) Même si mon esprit n'est pas du tout de miser sur un cheval en politique, je crois à son immense capacité à rester dans le jeu."

Qui parlait sur inter ? La journaliste ou la future conseillère ?

Et forcément, changer ainsi de rôle entraîne des interrogations, que Guillon et Aphatie n'ont pas manqué de poser. Peut-on, doit-on, relire aujourd'hui les interventions de la journaliste sur France Inter à la lumière de ses relations particulières avec Royal ? Il est légitime de se poser la question. Et pas besoin pour cela d'aller fouiller son blog, laissé en friche depuis un an. Il suffit d'écouter ses éditos de la semaine du 26 octobre, où elle remplaçait Thomas Legrand dans le 7/10 de la station. Au moins trois d'entre eux peuvent être réinterprétés aujourd'hui.

Lundi 26 octobre, après le passage de Jean Sarkozy au 20 heures de France 2, la journaliste s'en prenait férocement aux "dramaturges de l'Elysée", dont elle dénonce le "talent essentiel : retourner toutes situations à l'avantage du chef de l'état" en nous prenant "dans les mailles du filet de l'émotion" grâce à un "scénario cousu de fil blanc". Ironisant sur le livre annoncé de l'institutrice de Nicolas Sarkozy, elle se demandait :"A quand les mémoires de l'âne et du boeuf qui réchauffèrent jadis la crèche?"

Deux jours plus tard, après que Sarkozy avait entonné son éloge de la "terre", Degois se défendait, de façon rhétorique, de faire "ce mauvais procès au chef de l'état d'avoir voulu réveiller le souvenir de cette "terre " qui ne ment pas... comme le disait un certain Maréchal Pétain". A propos du débat sur l'identité nationale, elle s'était aussi posée en analyste des défaites passées de la gauche, rappelant que "Ségolène Royal avait crée la polémique en faisant chanter la Marseillaise lors d'un meeting à Marseille, et en souhaitant que les symboles nationaux, comme le drapeau français soient valorisés" et qu'"à l'époque, la gauche avait toussé. Or, assurait la journaliste, "qu'il s'agisse de la sécurité ou de l'immigration, ces thèmes lui ont déjà coûté plusieurs victoires".

Bien sûr, Thomas Legrand ou d'autres éditorialistes auraient pu eux aussi tenir ces propos. Mais aujourd'hui, toutes les analyses de Degois peuvent être analysées avec un regard critique. Qui parle à cet instant, pour estimer que Royal avait raison contre le reste de la gauche ? La journaliste ou la future conseillère de Royal ?

C'est sans doute devant ce distinguo très, trop, subtil, que la journaliste de Télérama Emmanuelle Anizon a carrément présenté ses "condoléances" à la démocratie dans un billet corrosif : "Avis de désertion. Nous avons le regret de vous faire part de la désertion de Françoise Degois, journaliste à France Inter et de Véronique Lafont, journaliste à TF1, passées à l'ennemi." Lafont rejoint en effet le cabinet de la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot.

"Leur départ fait suite, nous devons le reconnaître, à nombre d'autres : Catherine Pégard (ex-Point) et Patrick Buisson (ex- LCI) à l'Elysée. Myriam Lévy (ex-Figaro) à Matignon, Jean-Marc Plantade (ex-Parisien) à Bercy, Gaël Tchakaloff (ex-Nouvel Economiste) à la justice, ou encore, dernièrement, Emile Josselin (ex-20minutes.fr) pour le PS"
, énumère Anizon. Qui s'inquiète de "cette guerre toujours plus inégale entre le monde de l'information et celui de la communication".

Mots-clés : Anizon, Aphatie, Françoise Degois, Guillon, Royal



RSS
Le dossier par mot-clés
Sommaire du dossier
Commentaires
"La psychiatrie lourde, c'est aussi dans les médias"
Merci de me faire à nouveau gagner une heure de mon temps, le sujet et les invités étant ce qu'ils sont, Je ne la regarderai ...
Par Desper
le 27/11/2009
Royal-Peillon : le vrai arbitre
Comment ? Pierre Bergé organisait un lâcher d'argent à Dijon ? Peillon et Royal ont fait une émeute ? Hein ? J'ai rien ...
Par Nonosse
le 16/11/2009
Pluie de quolibets sur le nouveau site Désirs d'Avenir
Evidemment : Youtube - Der Untergang
Par André Elie
le 16/09/2009
Tous les forums Besoin d'aide ?