Connectez-vous au site



Vous avez oublié votre mot de passe ?
Vous n'êtes pas abonné ?
Vous avez besoin d'aide ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?


Connectez-vous au site
Vous avez besoin d'aide ?

observatoire le 11/11/2009 par Gilles Klein

Marie Ndiaye pense-t-elle que Besson et Hortefeux sont "monstrueux" ?

Interviews contradictoires de l'écrivain. Un UMP veut faire taire les lauréats Goncourt. Silence de Mitterrand
Marie Ndiaye

 

 

"Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux" : l'écrivain Marie Ndiaye qui vient de recevoir le prix Goncourt, a été attaquée le 10 novembre par le député UMP Eric Raoult pour des propos tenus dans une interview à l'hebdomadaire Les Inrocks en août dernier. Raoult, dans une question écrite, a interpellé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, afin qu'il impose aux lauréats du Goncourt un "devoir de réserve". Dans une interview accordée la veille, le 9 novembre à Berlin, à Jean-Pierre Elkabbach, pour Europe 1, Ndiaye, affirmant n'avoir alors pas eu connaissance de l'attaque de Raoult, avait tenté de modérer leur impact.

 

 


Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Ndiaye, le 30 août 2009 : "Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l'écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants - ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort." Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus.

Inrocks

 

Dans une question écrite adressée le 10 novembre au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, le député Eric Raoult (UMP), maire du Raincy (Seine-Saint-Denis) parle de "prises de position inacceptables" et assure "ces propos d'une rare violence sont peu respectueux, voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du chef de l'Etat".

"Il me semble que le droit d'expression ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel", ajoute Raoult, qui estime que le "devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt" imposait à NDaye de "respecter la cohésion nationale et l'image" de la France. Une "personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions". Il demande à Frédéric Mitterrand de lui "indiquer sa position sur ce dossier et ce qu'il compte entreprendre en la matière".

Interrogés par l'Express.fr, deux lauréats du Goncourt réagissent. Pour Patrick Rambaud, "l'identité française consiste justement à pouvoir dire ce que l'on veut, et ceci depuis Vercingétorix", tandis que Tahar Ben Jelloun trouve "les propos d'Eric Raoult déplacés et scandaleux". Il se demande s'il "aurait réagi ainsi si les mêmes propos avaient été prononcés par quelqu'un d'autre que Marie NDiaye."

De son côté Bernard Pivot, éminent juré du Goncourt, a expliqué au NouvelObs.com: "Je ne vois pas très bien où Monsieur Eric Raoult est allé chercher ce «devoir de réserve» qu'il a inventé de toutes pièces. Il n'existe aucun précédent à ma connaissance dans l'histoire du Goncourt. Il invoque quelque chose qui n'a jamais existé, n'existe pas et, grâce à Dieu, n'existera jamais"


Depuis, Ndaye a semblé renier ses propos initiaux. Dans une interview recueillie le 9 novembre, diffusée le 11, et manifestement montée par la station, elle a déclaré notamment à Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) : "Je n’aime pas dire les choses ainsi. C’est très excessif. Je ne veux pas avoir l’air de fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable" mais expliquant "depuis quelque temps, je trouve l’atmosphère en France assez dépressive, assez morose. Il me semble qu’à Berlin, elle est plus exaltante", mais nuance à propos de Nicolas Sarkozy : "je ne crois jamais qu’un seul homme puisse faire un pays."

Moment de l'échange dans lequel Ndiaye semble le plus clairement renier son interview aux Inrocks :

"Quand on lit la phrase qui vous est attachée, que vous êtes partie parce qu'il y avait un pouvoir monstrueux., vous trouvez qu'elle.." "Ah non, non non" "Vous trouvez qu'elle est ridicule, cette phrase" "Très excessive, bien sûr", "Et c'est pas de vous... si fortement ce n'est pas de vous ?" "Non, bien sûr."



Europe1

 

"Non je ne regrette pas mes propos, je les maintiens" a ensuite déclaré dans la journée du 11 novembre NDiaye à France Info avant de souhaiter que Frédéric Mitterrand ministre de la Culture intervienne : "Ce serait bien qu'il nous donne son avis et mette un point final à cette affaire, qui est quand même assez simple". Elle adopte la même position, un peu plus tard, en répondant au site des Inrocks, insistant sur le fait que l'interview d'Europe 1 a été recueillie avant qu'elle ait connaissance de l'offensive de Raoult. "Je ne voulais pas donner l'impression que Jean-Yves (Cendrey, le compagnon de Marie NDiaye - ndlr) et moi-même nous présentions comme des écrivains des années 30 qui auraient fui le fascisme, car cela aurait été disproportionné. Si l'entretien avait eu lieu après que j'aie eu connaissance de ce que me reproche Eric Raoult, je n'aurais pas pris ce soin, cela aurait été très différent. Au contraire : je persiste et signe !"

France Info rapporte, sans citer aucun responsable, qu'au ministère de la Culture "on" est agacé, par cette lettre transmise par Raoult aux médias avant d'avoir été reçue par le ministre, et par l'interpellation de Ndiaye, qui risque d'obliger Mitterrand à prendre position publiquement.

Mots-clés : Ben Jelloun, Goncourt, Inrocks, Mitterrand, NDiaye, Pivot, Rambaud, Raoult



Mots-clés
Commentaires
Marie Ndiaye pense-t-elle que Besson et Hortefeux sont "monstrueux" ?
C'est incroyable que ce gros crétin de Raoult se permet de dire des chose aussi extrémistes ! Ca veux vraiment dire qu'il ...
Par marcel verplaetse
le 11/11/2009
Tous les forums

Besoin d'aide ?