Alain Duhamel, solidaire de Hortefeux contre Internet
Et pour cause : lui-même, en 2007...| "La vidéo des amateurs démontre qu'une prouesse
technologique peut tourner au désastre éthique et mental." Dans Libération aujourd'hui,
l'éditorialiste Alain Duhamel s'en prend avec une rare violence au "règne" de la toile et au "despotisme de la transparence". Le sujet de
ce monumental coup de gueule ? L'affaire Hortefeux bien sûr, où Duhamel ne voit
"qu'une victoire, celle des vidéos, et qu'un triomphe, celui
d'Internet". Tout en concédant, en deux lignes, qu'il ne s'agissait "ni d'une équipe d'amateurs, ni d'images volées", Duhamel consacre le reste de sa chronique à dénoncer la Toile : "Dès que la photo, la séquence ou la boutade se retrouve sur Internet, c'est aussitôt la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique. La mince cloison entre vie privée et vie publique s'est effondrée. (...) C'est de l'information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale." |
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Et si Duhamel concède qu'on peut se "réjouir" de la force des vidéos qui circulent sur le
net "dans le cas des régimes tyranniques", il assure qu'"on
doit en redouter les effets au sein des sociétés pluralistes".
Malgré les mots plus que durs, la chronique vise parfois
juste : "Comme avec la télévision classique mais dix fois plus encore
qu'elle, la vidéo fonctionne à l'instantanéité, à l'émotivité et à
l'irrationnel. (...) Plus on choque, plus on gagne. Plus on surprend
(généralement en mal), plus on marque de points. Plus l'on dévoile, plus l'on démythifie,
plus l'on déconsidère et plus l'on triomphe."
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On lira cette analyse d'un autre œil, si l'on se
souvient que Duhamel a lui-même été la victime de l'un de ces premiers
"buzz" politiques. Petit cadeau-souvenir |
Mise en ligne sur le blog de Jeunes UDF (parti
de Bayrou à l'époque) le 5 février 2007, la vidéo avait donc été
relayée sur le site d'ASI, puis dix jours plus tard sur le blog de Guy
Birenbaum, "Domaine d'extension de la lutte", hébergé sur 20Minutes.fr.
Et cela avait mis le feu aux poudres : devant la polémique,
l'éditorialiste politique, qui officiait sur France 2 et RTL, avait dû
se
retirer pour toute la durée de la campagne. Pour un résumé de
l'affaire, relisez
cet
article de 01.net.
Ce rappel change quelque peu le regard que l'on peut porter
sur la chronique de Duhamel. Ne pense-t-il pas un peu à son propre cas lorsqu'il
écrit : "Il y a là, dès que ne s'exerce aucune règle professionnelle,
une pente irrépressible vers la délation, vers la calomnie ou vers l'injure." ?
le 17/09/2009
le 12/09/2009
le 12/09/2009

