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Facebook, Twitter, nouveaux médias ?
Facebook, Twitter, et autres réseaux sociaux, hypnotisent les medias (surtout les médias en ligne), qui leur prêtent un rôle immense. Trop ?
Publié le 06/01/2008  Alimenté le 13/01/2010
suivi le 09/01/2008 par la rédaction

Facebook, histoire d'une supercherie ordinaire

Par Jean-François Achilli, journaliste à France Inter

Jean-François Achilli, journaliste politique à France Inter, un des journalistes dupés par "l'imposture Facebook", nous adresse ce témoignage. On apprécie qu'après avoir été présenté dans notre enquête comme l'un de ceux qui ont aidé à la propagation de cette rumeur (nous écrivions : Et enfin, c’est la consécration. Lundi 31 décembre à 11 h.38, l’élection est annoncée par le site de Radio France, via l’un des 11 blogs de France Inter, celui de Jean-François Achilli") notre confrère reconnaisse publiquement son erreur explique comment il en est arrivé là

Voici le récit factuel d'une intoxication médiatique heureusement sans conséquence, mais riche en enseignements : l'élection du pseudo président de Facebook, qui a excité les médias pendant quelques semaines, avant qu'ils ne s'aperçoivent qu'il ne s'agissait que d'un non-évènement. Mon nom a été notamment évoqué dans cette farce et je souhaite apporter une contribution libre au site de Daniel Schneidermann, au nom de la transparence et de la clarté.

Je suis journaliste au service politique de France Inter, et par ailleurs auteur de deux ouvrages, consacrés à Nicolas Sarkozy. L'un d'eux a été édité, il y a un an, par Ramsay. C'est à ce titre que j'ai collaboré avec Arash Derambarsh, alors directeur de collection au sein de cette maison. Je connaissais le jeune homme, par ailleurs conseiller national UDF, son autre casquette, ayant eu à traiter la campagne présidentielle de François Bayrou par le passé. Avant de publier mon ouvrage, j'ai signé avec plaisir et sans regret la préface du livre personnel que M. Derambarsh a publié à la fin de l'année 2006. J'y évoquais alors la nouvelle donne politique moderne, qui fait parfois s'estomper les frontières entre gauche et droite. La campagne présidentielle, avec des thèmes si proches entre les deux candidats, et l'ouverture à gauche pratiquée par le chef de l'Etat me donnent à croire que les lignes politiques se sont déplacées. Mais il s'agit là d'un autre sujet.

J'ai conservé depuis ce temps un lien amical avec le directeur de collection, passé au Cherche Midi. Il incarnait un exemple de jeune issu de la diversité, qui cherche à s'imposer dans le paysage médiatique.

Arash Derambarsh m'a annoncé en septembre dernier sa candidature à la « présidence de Facebook monde », m'invitant d'ailleurs à rejoindre ce machin. Non merci, j'avais déjà fort à faire avec mes activités au sein de France Inter. De plus, je suis peu adepte de virtualité, mon blog suffit.

Durant tout l'automne, le candidat président virtuel a multiplié les passages télé, radio, presse, interrogé notamment par des journalistes experts de la planète Web, dans un incroyable plan médias.

De retour d'un bref congé, à l'occasion de Noël, j'ai reçu un coup de fil d'Arash Derambarsh, qui m'a annoncé sa victoire, mail à l'appui.

Je m'occupe de vie politique, pas de variété, quoiqu'en ce moment, il y aurait de quoi se poser des questions. Ce jeune homme avenant, de longue haleine implanté dans le PAF, venait de remporter ce scrutin certes fantaisiste, mais la performance méritait un salut amical.

J'ai donc publié sur mon blog un coup de chapeau de quelques lignes, avec la seule photo dont je disposais de l'intéressé, prise lors d'une belle exposition de peinture. Avec un message d'encouragement, et une petite touche d'ironie, sur le caractère anecdotique de ce vote. « Brave new world ». Tout cela restant à mes yeux très... léger.

La révélation n'a pas traîné. Ce n'était pas Facebook, le machin à soixante millions d'internautes - est-ce le bon chiffre - mais « epresident », une application de Facebook téléchargeable par ses membres, un confetti de quelques dizaines de milliers d'âmes, soyons généreux. Une belle foutaise, donc. Agacé, j'ai retiré la photo de mon blog, en l'expliquant en quelques lignes, bien évidemment.

"Je n'ai pas vérifié, pas plus que la météo..."

Cet épisode grinçant doit nous inciter à la prudence, nous, journalistes. La permanence médiatique ne signifie pas légitimité. Cette élection a duré trois mois. Si j'ai bien compris, personne n'a donc vérifié la nature réelle de ce scrutin électronique ?

Quand je salue Arash Derambarsh sur mon blog le jour de l'an, je ne vérifie évidemment pas cette information, qui tourne en boucle depuis de longues semaines. Pas plus que je n'ai à vérifier la météo du jour, que tous les médias ont martelé depuis la veille.

Cette autocritique sur le fonctionnement moutonnier dans lequel se commettent les médias vaut aussi pour le Net. Combien de fausses informations y circulent, et ne trouvent leur légitimité que dans la répétition...

Moralité de cette supercherie ordinaire : comme l'a dit Topor, « l'erreur, comme le rire, est humaine ».

Mots-clés : Derambarsh, Facebook, réseaux sociaux



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Commentaires
"Facebook est le seul endroit où un pédophile n'ira jamais"
Desole de t'apprendre cela mais le forum d'arret sur images est indexe par google...puisqu il est publique et que les non ...
Par Truc
le 15/12/2008
"Facebook est le seul endroit où un pédophile n'ira jamais"
Voulant être dans le coup, dans l'ère du temps, à la page, dans le mouv', branché, cool (rayez la mention la moins in, la ...
Par Rémy
le 12/12/2008
Comment l'imposteur de Facebook a trompé toute la presse
Merci pour l'article, qui appelle vraiment plusieurs commentaires. 1) La crédulité de certains journalistes, alors qu'ils ...
Par Babibocho
le 07/01/2008
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