Avant la burqa, vingt ans de débats médiatiques sur le voile
1989 - 2009 : mêmes polémiques, mêmes arguments, et les jités adorent toujoursUn débat national pour ... moins de quatre cent femmes portant le voile intégral ? D'après des notes des services de renseignement français, révélées par Le Monde, le port de la burqa et du niqab serait "une pratique marginale" en France, qui concernerait, d'après leurs observations "367 femmes".
Au delà de sa précision, qui peut prêter à sourire, ce chiffre - qui "ne prétend pas être exhaustif", selon Le Monde - est déjà contesté, comme le note Le Post. Les députés André Gérin (PCF) et Jacques Myard (UMP) estiment qu'il s'agit d'une question qui va au-delà de la simple statistique, tandis que le Vert François de Rugy assure que "n'importe quel Français se promenant dans la rue peut voir que le phénomène de la burqa ou du niqab est beaucoup plus important que quelques centaines de cas à l'échelle de la France."
En juin dernier, les rédactions s'étaient emparées avec fièvre du débat sur le voile intégral, avec 16 sujets en quatre jours pour les seuls JT du soir de TF1, France 2 et France 3. La question du burqa s'était même invitée dans le discours de Nicolas Sarkozy dans la pompe et la solennité du Parlement rassemblé à Versailles. Une frénésie qui n'a rien de nouveau : depuis 1989, la question du voile embrase périodiquement les médias français. Ses partisans se revendiquent de la liberté de conscience, tandis que ses adversaires y voient des symboles de soumission de la femme.
Octobre 1989, ambiance fin de guerre froide : le secrétaire d'Etat américain James Baker se dit favorable à la perestroïka, les frontières du bloc de l'Est se craquellent. De son côté, la France se déchire ... pour trois morceaux de tissu. C'est "l'affaire des foulards islamiques". Samira, Fatima et Leila, trois jeunes musulmanes, se voient interdire l'accès de leur collège de Creil, dans l'Oise, parce qu'elles refusent de l'enlever en classe. Le conseil d'administration de l'établissement exige, au nom de la laïcité, "une légitime discrétion quant aux signes cultuels extérieurs".
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Lionel Jospin, alors ministre de l'éducation nationale, s'exprime sur la question, le 26 octobre 1989. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il rappelle que l'école est un lieu de "neutralité confessionnelle" et que l'on "ne doit pas y arborer des signes religieux", mais demande à ce que les établissements n'excluent aucune élève. Ces jeunes femmes partisanes du voile se retrouvent dans les journaux
télévisés (ici en 1989) |
Le ministre de l'éducation nationale va jusqu'à solliciter le conseil d'Etat, qui dans son avis, conclut : "Dans les établissements scolaires, le port par les élèves de signes par lesquels ils entendent manifester leur appartenance à une religion n'est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité, dans la mesure où il constitue l'exercice de la liberté d'expression et de manifestation de croyances religieuses."
Discrétion jusqu'aux années 2000
Les médias français se font ensuite discrets, pendant de longues années, sur cette question du voile. En 1999, un nouveau fait-divers, semblable à celui de Creil, les alerte : Esmanur et Belghin, deux élèves d'origine turque et musulmanes sont exclues de leur collège de Flers (Orne) parce qu'elles refusent d'enlever leur foulard. Cette exclusion est confirmée par le tribunal administratif de Caen. De janvier à mars 1999, seize sujets et de nombreuses brèves sont consacrés à cette affaire dans les journaux du midi et du soir de TF1, France 2 et France 3.
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En novembre 2001, pour la première fois, les télévisions s'attardent sur un cas qui ne concerne pas le port du voile à l'école, mais sur le lieu de travail. Amina Belkhir, employée d'une petite supérette à Reims, est en conflit avec son patron qui exige qu'elle ne porte pas le voile sur son lieu de travail.
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2003-2004 : du fait-divers à la loi
De nouveau, le soufflé retombe ... mais pas pour très longtemps : en 2003, la France est de nouveau agitée par d'âpres débats, qui aboutissent à l'adoption, en mars 2004, de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques. Cette loi interdit le port de "signes religieux ostentatoires" dans les établissements scolaires publics français.
Là encore, c'est le même type de fait divers qui relance la polémique : deux soeurs portant le voile, Alma et Lila Lévy, sont exclues de leur lycée d'Aubervilliers (93).
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Après les syndicats d'enseignants et les associations, les politiques prennent position. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin se prononce en faveur d'une "disposition législative" sur le respect de la laïcité. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se déclarent tous les deux en faveur d'une loi interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires. Jacques Chirac met en place la commission dite "Stasi" pour réfléchir à ce sujet, puis en suit les recommandations en annonçant, en décembre 2003, la préparation d'une loi pour 2004. Et les jités suivent les débats avec assiduité |
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Tiens, voilà le niqab !
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Et, surprise, toujours en 2003? dans la foulée de ce marathon médiatique, le voile intégral - et les craintes qu'il suscite - font leur apparition à la télévision. Patrick Poivre d'Arvor nous emmène à Trappes, en région parisienne, où "l'on voit apparaître" des femmes portant le niqab. "Une attitude qui choque souvent", assure le présentateur.
Un sujet de 20 heures pour une "petite dizaine" de femmes musulmanes ... Comment ne pas faire le lien avec la "polémique" actuelle sur la "burqa" ? |
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Polémique qui met en scène des "femmes sans visage" "de plus en plus nombreuses", au sort médiatisé par la classe politique ... ... mais dont on ne sait toujours pas, malgré l'assurance de Paul Amar, combien elles sont
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(Avec Pierre Boisselet)
le 31/07/2009
le 31/07/2009
le 23/06/2009

