"hagiographie" : c'est Le Figaro qui l'a dit !
Critiques sévères après l'émission spéciale de France 5 sur Sarkozy
France 5 a consacré, lundi 13 juillet, une émission spéciale à une interview de Nicolas Sarkozy. «A visage découvert» de Christian Malard et Bernard Vaillot, a remplacé la traditionnelle interview présidentielle en direct. La presse la juge sévèrement. Même le Figaro emploie le mot "hagiographie" pour qualifier l'émission.

Le quotidien La Dépêche constate sobrement que "l'interview menée par les deux journalistes n'a guère poussé le
Président dans ses retranchements" tandis que même Le Figaro emploie le mot "hagiographie". Petite revue de presse.
Image A visage découvert France 5
Avant la diffusion Magali Forestier, rédactrice en chef de A visage découvert semblait optimiste comme le montrent quelques-uns de ses réponses aux questions de France 5
"La vie politique comme la vie privée de Nicolas Sarkozy sont
déjà très médiatisées. Qu'est-ce qu'A visage découvert peut nous
apprendre de plus sur le président français ?"
"M. F. : C'est vrai que
tout le monde connaît la vie et le parcours politique de Nicolas
Sarkozy… C'est pourquoi nous avons choisi un format particulier où nous
abordons le personnage sous un angle moins connu : celui de sa vision
du monde et de la place de la France dans le monde. Nicolas Sarkozy se
distingue de ses prédécesseurs par le nombre phénoménal de ses
déplacements à l'étranger. Nous avons voulu connaître sa philosophie et
sa méthode en matière d'affaires étrangères."
"Ne craignez-vous pas
de recueillir la parole officielle d'un président en exercice plutôt
que les confidences d'un homme politique ? "
"M. F. : Comme pour
toutes les personnalités entourées de conseillers, c'est évidemment le
risque. Je pense que Nicolas Sarkozy se livrera plus volontiers car il
a son franc-parler."
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Hebdomadaire TV Magazine 12-18 juillet |
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Le blog télévision de Telérama est nettement plus moqueur que TV Magazine. Il rebaptise Malard et Vaillot Dupont et Dupond : "Membres d'un commando de l'ultra-gauche villepiniste, Dupont et Dupond se sont introduits dans les jardins de l'Elysée pour prendre Notre Président en otage et le faire parler sous la torture et les dorures. (...) «D'où vous vient cette énergie permanente ?», aboie Dupont. «Je me suis toujours mis des défis dans ma vie, bredouille Notre Président, incapable de composer une phrase correcte face à une telle agression. Mais je crois que c’est ce qui permet d’avoir une vie utile.» Pauvre Président ! Dès le début, obligé de justifier son existence. L'attaque terroriste avait débuté dès le pré-générique, avec cette description signée Angela Merkel: «Un homme politique très courageux qui va droit au but et qui ne perd pas son temps.» Effrayant, non ? Mais ça ne suffit pas à Dupont et Dupond. Dupont : «L’homme a des ambitions qu’il cherche à imposer quitte à provoquer la rupture avec les habitudes et les consensus.» Dupond : «Ses armes essentielles: la volonté et une force de persuasion peu banale.» |
"Saint Sarkozy, priez pour nous? C'est en tout cas l'impression du porte-parole du Parti socialiste, après la diffusion, lundi soir, de l'entretien accordé par le président à l'émission «A visage découvert» (...) Benoît Hamon a protesté contre «un portrait hagiographique, digne d'une république bananière» (...) «Le service public audiovisuel est purement et simplement mis au service de la communication politique du président», a encore attaqué Benoît Hamon. «Le débat démocratique est totalement évacué au profit d'une accumulation de louanges" écrit 20 Minutes.fr |
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Libération n'est pas tendre non plus : "Un documentaire, sorte de portait politico-intime du chef de l’Etat qui lui offre l’opportunité de mettre en œuvre sa stratégie comme sur un plateau. A côté, les livres d’image d’Epinal illustrant la vie des grands hommes pourraient faire figure de dangereux brûlots subversifs. Rien de nouveau dans ce long reportage. Pas même l’usage du téléphone portable par le président de la République. A la première minute de l’interview, accordée le 13juin aux deux journalistes Christian Malard et Bernard Vaillot, le locataire de l’Elysée farfouille dans la poche intérieure de sa veste pour couper la sonnerie d’un téléphone. (...)" "Avec cette émission, Nicolas Sarkozy offre la démonstration de sa conception «du dialogue avec les Français». Elle remonte à sa jeunesse, du temps de l’ORTF." Libération 14 juillet 2009 |
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Le Figaro.fr lundi 13 juillet 22 h 11 |
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"Au final, au bout d’une heure d’émission qui donne des envies de mordre, les deux discourent: «Ce qui est frappant avec Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a changé. Lui qu’on connaissait plutôt accessible, direct, on a l’impression qu’il prend un peu de distance, de hauteur. Une façon de se protéger des médias?» (on n’ergotera pas sur la façon plutôt étrange qu’a le président de se «protéger des médias», en se surexposant à mort…). «Non, je pense qu’il a pris conscience de son rôle, de ce qu’il incarne. Ce qui n’a pas changé, par contre, ce sont ses ambitions. Maintenant est-ce qu’avec les trois années qui lui restent, il aura le temps de les réaliser», répond son acolyte. Saillie finale: «Ah! mais qui te dit qu’il n’aura pas un deuxième mandat?»" écrit l'Humanité |
le 15/07/2009





