Iran : Twitter a obéi au gouvernement américain
Jared Cohen, 27 ans, fonctionnaire technolâtre, sert-il ou embarrasse-t-il Obama ?| Twitter,
ce service de "micro-blogging" utilisé par les opposants au régime
iranien, (comme nous vous l'avons raconté ici et ici) a annoncé le 15 juin reporter une opération de maintenance qui
aurait rendu le service inaccessible pendant plusieurs heures.
Certains utilisateurs du service s'étaient mobilisés pour demander ce report. Mais il s'avère que c'est le gouvernement américain, en la personne d'un haut-fonctionnaire de 27 ans, Jared Cohen, qui a demandé à Twitter de décaler d'un jour cette opération. |
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Cohen, embauché au département d'Etat sous l'administration précédente, est un théoricien de la "révolution passive" en Iran. Son initiative semble embarrasser Obama. A moins qu'elle ne le serve ?
Tant pis pour certains fans du Web 2.0 qui claironnaient que Twitter avait cédé à l'amicale pression de ses utilisateurs. Certains s'étaient mobilisés sur le réseau, en ponctuant leurs messages du mot-clé "#nonmaintenance", ("non à la maintenance"). Le mot-clé était devenu très populaire dans la conversation en ligne. Mais la réalité est très différente : en reportant un arrêt technique pour ne pas priver les anti-Ahmadinejad d'un moyen de communication jugé essentiel, Twitter a simplement obéi à une demande du gouvernement américain.
Sur demande officielle du ministère des Affaires Etrangères américain, Twitter a donc fonctionné sans interruption lundi dernier, le jour de la plus grande manifestation pro-Moussavi, et l'interruption de service n'a eu lieu que le lendemain mardi, durant la nuit iranienne.
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"Clinton a déclaré qu'elle considérait comme important de garder «cette ligne de communication ouverte pour permettre aux gens de partager des informations, particulèrement au moment où il n'y avait pas beaucoup d'autres source d'information... C'est un droit fondamental pour les gens d'avoir la possibilité de communiquer.»" |
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Le Los Angeles Times ajoute que l'Iran a officiellement protesté contre les ingérences américains dans les affaires intérieures du pays auprès de l'ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les Américains en Iran, faute d'ambassade américaine.
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"Avec Twitter, Washington utilise une nouvelle arme diplomatique" titre l'article du New York Times du jeudi 17 juin, qui explique sur une demi-page que
lundi après-midi, Jared Cohen, officiel du Département d'Etat
(ministère des Affaires étrangères américain) a "envoyé un email à
Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter, lui demandant de retarder ses
opérations de maintenance qui auraient pu couper le service alors que
les Iraniens utilisaient ce service pour échanger des informations et
informer le reste du monde des manifestations en cours à Téhéran." Le New York Times jeudi 17 juin 2009 |
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Le blog officiel de Twitter lundi 15 juin |
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A l'origine de la demande, un théoricien de la "révolution passive"
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En intervenant activement pour maintenir les outils de communication utilisés par les anti-Ahmadinejad, Cohen peut sembler placer sa hiérarchie dans l'embarras. Dans ses rares déclarations publiques sur le sujet, Barack Obama a en effet toujours pris soin de ne pas manifester de préférence en faveur de l'un ou l'autre des candidats. Le Département d'Etat est-il sur une ligne différente ? la "gaffe" de Cohen sert-elle, au final, l'administration Obama, très attaquée par les Républicains pour sa prudence dans l'affaire iranienne ? Toutes ces hypothèses restent ouvertes. |
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Qui est Jared Cohen ? Internet donne de nombreuses informations sur la carrière et les opinions du jeune fonctionnaire. Jared Cohen est présenté sur le site de son ministère comme responsable, au sein du service, du "planning", du contre-terrorisme, du monde mulsulman et, entre autres, des nouvelles technologies.Cohen a séjourné en Iran en 2004, avant de publier, en 2005, un article sur la "révolution passive" en Iran, sur l'opposition silencieuse et discrète au pouvoir dans la revue Hoover Digest de la fondation Hoover (basée à l'université de Stanford en Californie). Cette fondation n'est pas réputée pour être très progressiste. Considérée comme un
fief républicain, elle a été au service de la politique américaine
contre l'Union Soviétique, à l'époque de l'URSS. |
L'article de Cohen dans la revue Hoover Digest |
Cela a plu en effet, et Cohen a été recruté par le Département d'Etat en septembre 2006, alors que Bush était président.
Cohen, en 2008 : les jeunes musulmans adorent Internet, comme les jeunes Américains
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En 2008, après avoir voyagé dans plusieurs pays du Proche-Orient, Cohen publie un livre, Les enfants du Djihad. Dans sa promo-télé...
...il dépeint une jeunesse arabe (ou iranienne) tout aussi technophile que la jeunesse américaine, amatrice de télé par satellite, de téléphones portables, et d'Internet. |
Le New York Times est d'ailleurs clair sur l'utilisation du Web 2.0 américain, comme bras armé de la politique extérieure américaine : "M. Cohen, diplômé de l'université de Stanford, est le plus jeune membre du service du planning du departement d'Etat, il a travaillé avec Twitter, YouTube, Facebook et autres pour soutenir des initiatives diplomatiques en Irak et ailleurs. Le mois dernier, il a organisé une visite à Bagdad pour Dorsey [un co-fondateur de Twitter, ndlr] plus d'autres responsables de la Silicon Valley, et de son équivalent new-yorkais, la Silicon Alley. Ils ont rencontré le Premier ministre irakien pour évoquer la reconstruction du réseau d'information du pays et vanter les vertus de Twitter."
(Sous-titres, Jean-Guillaume Santi)
le 20/06/2009
le 19/06/2009
le 19/06/2009







