Bayrou à Demorand : "vous êtes journaliste, mais aussi citoyen"
Après RTL, Bayrou s'en prend à France InterInvité de France Inter le 4 juin, François Bayrou a mis en cause les sondages qui donnent le MoDem en baisse, et implicitement reproché au présentateur Nicolas Demorand de n'avoir pas réagi contre le nouveau système de nomination du président de Radio France par l'Elysée. La veille, le journaliste Jean-Michel Aphatie avait raconté sur son blog comment François Bayrou lui avait fait part de son mécontentement à la fin d'une interview sur RTL, estimant qu'il n'avait pas été assez question d'Europe. |
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Climat tendu, mercredi matin, sur RTL. C'est Jean-Michel Aphatie, intervieweur politique de la station et blogueur assidu, qui raconte sur son blog : "François Bayrou, invité de RTL, à 7h50, n’était pas content en sortant du studio. Il a jugé l’interview mal faite, «inutile» a-t-il dit, trop centrée sur l’élection présidentielle, pas assez sur l’élection européenne, «rigolarde», il a employé l’adjectif, donc pas à la hauteur des enjeux. «Je n’aurai pas dû venir», a-t-il jugé après coup."
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Durant les huit minutes d'entretien, Aphatie a interrogé le patron du MoDem sur les déclarations d'intention en faveur de l'absention – qui augmentent au fur et à mesure de la campagne électorale –, sur le nom du futur président de la Commission européenne, mais aussi sur l'élection présidentielle de 2012 et les ambitions de François Bayrou pour cette échéance. Interview "rigolarde" ? Vous pouvez la réécouter (elle est aussi en version écrite sur le site de la station de radio) Même si Bayrou a formulé ses reproches "d’un ton calme, sans agressivité", d'après Aphatie lui-même, "la colère maîtrisée de François Bayrou, sa déception matinale aussi, peut-être comprise comme un reproche ou une critique envers les journalistes, voire le journalisme". |
L'intervieweur de RTL répond à cette critique du travail des journalistes en critiquant... le travail des politiques, accusés de n'avoir pas su rendre la campagne intéressante : "Si les idées et les projets ne passionnent guère les foules, ceci pourrait être compensé par la force, le charisme, le talent des candidats. Franchement, nous en sommes loin. Les trois partis classés en tête dans les sondages ne présentent au suffrage que des seconds et troisièmes couteaux, ou bien des éclopés de l’action gouvernementale, ou encore des recalés des diverses élections nationales."
Lorsque Bayrou regrette que l'interview de RTL ait trop évoqué la question de l'élection présidentielle, Aphatie dégaine un autre argument : le livre de Bayrou, Abus de pouvoir, sorti fin avril, qui traitait exclusivement de la politique sarkozyenne. "Sur quoi, par exemple, sans volonté particulière d’acharnement, a-t-on entendu François Bayrou durant ces derniers jours? Sur le «climat sécuritaire» qu’il dénonce avec détermination. Sur ce qu’il appelle la «grossièreté» de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la Reine pour les cérémonies du 6 juin. Et plus largement, sur la critique sans concession, et talentueuse dans la forme, qu’il nourrit jour après jour, de l’action gouvernementale et présidentielle, sur la base notamment de son livre, «Abus de pouvoir», sorti fin avril, soit six semaines avant l’élection européenne, ce qui n’est pas la meilleure manière de fixer les esprits sur les enjeux communautaires."
Au-delà du mécontentement de François Bayrou, la question de la médiatisation des enjeux européens continue de faire débat. Le Canard Enchaîné note ainsi, dans son édition du 3 juin, qu' "à moins d'une semaine du vote, [les élections européennes] n'ont mérité aucune "émission spéciale" ni la moindre "ouverture" dans les journaux de 20 heures". Signe de mauvaise volonté des chaînes de télé ? L'explication pourrait aussi, en partie, être matérielle. "En dehors des chaînes régionales, les grandes chaînes ont choisi de ne pas organiser de débats, car le calcul du temps de parole deviendrait trop compliqué.", assurait ainsi Le Monde du 2 juin.
Lire aussi la chronique de Sherlock Com' : Bayrou et le fantôme de Mitterrand
Mise à jour - jeudi 4 juin : François Bayrou continue sa tournée musclée des radios du matin, sur France Inter. Le patron Modem s'est accroché avec le présentateur Nicolas Demorand à deux reprises. Deux longs échanges de plus de trois minutes chacun, où le journaliste et le politique ont parfois paru au bord de l'invective.
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Interrogé sur le dernier sondage qui donne le MoDem en baisse, Bayrou a d'abord laissé entendre que les sondages étaient manipulés et que "des gens au pouvoir, ou proches du pouvoir" "tenaient" les instituts de sondage, à qui ils commanderaient des études pour les faire vivre. Evoquant les derniers sondages avant l'élection présidentielle de 2007, qui pronostiquaient au MoDem un score plus faible que ce qu'il a finalement obtenu, Bayrou a promis de dire "tout ce qu'il sait" si ses scores sont meilleures que ce qu'a annoncé TNS Sofres Logica. L'engagement est pris |
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Seconde passe d'arme : lorsque Bayrou évoque la société voulue par Nicolas Sarkozy, "y compris les décisions qui concernent l'audiovisuel public", Demorand prend la mouche et lance le débat sur l'indépendance de France Inter.
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le 05/06/2009
le 04/06/2009
le 04/06/2009


