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Hees : l'Elysée s'offre Radio France
En "proposant" la candidature de Jean-Luc Hees à la présidence de Radio France, Nicolas Sarkozy a fait preuve d'imagination. Des raisons de ce choix à son audition par le CSA, en passant par l'annonce de son "ticket" avec Philippe Val, toute la saga Hees.
Publié le 09/04/2009  Alimenté le 19/01/2010
observatoire le 15/05/2009 par la rédaction

Hees à Radio France, écoutez l'omniprésence ?

C'est le premier président de Radio France à devoir son poste à une nomination par le chef de l'Etat : Jean-Luc Hees a pris la succession de Jean-Paul Cluzel à la tête de Radio France mardi 12 mai. Depuis, Hees a déjà saisi deux occasions d'intervenir sur l'antenne de France Inter pour assurer de son indépendance. Il s'est même "invité" dans un direct avec Edwy Plenel.

 

Acte 1 : "Je ne vais pas commencer une carrière de dictateur"

 

Après avoir vu sa nomination officialisée en conseil des ministres le 6 mai, le journaliste Jean-Luc Hees a pris ses fonctions de directeur de Radio France le 12 mai.

Le jour même, il était l'invité d' "Intertreize", sur l'antenne de France Inter. Interrogé sur les circonstances de sa nomination et la liberté de ton de la radio, Hees répondait par une allusion au général de Gaulle : "Ca n'est pas à 57 ans que je vais commencer une carrière de dictateur".

 

Acte 2 : Plenel, preuve de l'indépendance d'Inter ?

 

Vendredi 15 mai, Edwy Plenel, fondateur du site Mediapart, était l'invité de la matinale de France Inter. Le sujet : la sortie de son dernier livre, "Combat pour une presse libre" (éditions Galaade).

Plenel profite de la question d'une auditrice sur le rôle des journalistes pour faire allusion à "l'interventionnisme de la présidence de la République dans cette maison même", "défi pour les journaliste du service public".

 

Quelques minutes plus tard, un invité inattendu surgit dans le studio d'Inter. Surprise : il s'agit de Jean-Luc Hees lui-même, qui "passait devant la maison", et a décidé de venir répondre à Plenel.

Son argument : puisqu'on laisse parler le patron de Mediapart sur Inter, c'est bien que Radio France est toujours indépendante. "On vous entend sur cette radio (...), ça prouve quelque chose, vous êtes chez vous comme tout le monde". "Vous êtes la preuve que ce soupçon, en ce qui concerne la nomination des présidents de l'audiovisuel public, est infondé", ajoute le nouveau patron de Radio France.

 

Pour la Cour Européenne des droits de l'homme, les journalistes sont les "chiens de garde de la démocratie", insiste Plenel. Réponse de Hees, qui aura le dernier mot : "On va vous laisser aboyer, d'accord !"

Le patron de Radio France doit-il multiplier les interventions à l'antenne de ses propres stations ? Sur les forums d'@si, cette conduite gêne : "Ce qui est frappant, c'est d'entendre en live un patron de groupe de média s'immiscer dans la conduite de l'interview d'un journaliste. Là, y a ligne jaune, comme dirait Birenbaum. Que le chef donne la ligne directrice, fournisse les grandes orientations, procède aux arbitrages, voilà qui est son rôle", estime Tom.

Un deuxième @sinaute commente : "E. Plenel a dit que des journalistes dignes de ce nom devraient refuser d'être nommés par le pouvoir politique. D'où l'intervention immédiate de Hees et sa protestation consternante : "je vous promets que la rédaction de France Inter restera libre". Eh bien son intrusion intempestive et autoritaire dans une émission de France Inter démontre très exactement le contraire." (Claude Bonneault).

En "off", un journaliste de France Inter a confié sa stupéfaction au site du Nouvel Observateur : "Jean-Luc Hees a vu de la lumière, il a fait signe à Eric Delvaux et il est entré dans le studio. Si Cluzel avait fait ça trois jours après son arrivée, il y aurait eu un clash !

L'article du NouvelObs.fr rappelle également que "devant le CSA, qui l’a auditionné avant sa nomination, Jean-Luc Hees avait affirmé qu’il ne ferait pas d’antenne avant d’envisager, tout sourire, deux exceptions : interviewer Barack Obama ou Bruce Springsteen."

Bonus (mise à jour, 15/05/09, 18h30)

Grâce à la sagacité d'un internaute, @si a retrouvé un autre croustillant moment de radio : l'animateur d'Inter Frédéric Lodéon tressant des couronnes de fleurs à son nouveau patron, mardi 12 mai, le jour de sa prise de fonctions.

Carrefour de l'Odéon, 12 mai 2009 picto

Mots-clés : France Inter, Hees, indépendance, liberté de la presse, Radio France



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Commentaires
Une petite colonisation de rentrée
Bel exemple de la citation truquée, déformée que cet apocryphe "Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère" ! Si j'en...
Par Jean-François LAUNAY
le 04/01/2010
Val à Inter, la plus sinistre blague de Sarkozy
Bon. Il y a peu, Daniel Schneidermann, vous confessiez ne pas connaître grand chose de Val, et ne pas bien saisir la hargne ...
Par IT
le 02/04/2009
Val à Inter, la plus sinistre blague de Sarkozy
Je suis atterré.
Par Ulysse Martagon
le 02/04/2009
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