Connectez-vous au site



Vous avez oublié votre mot de passe ?
Vous n'êtes pas abonné ?
Vous avez besoin d'aide ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?


Connectez-vous au site
Vous avez besoin d'aide ?

Hadopi, d'Albanel à Mitterrand
Bronca sur la Toile, objections juridiques : rien n'y a fait. Albanel aura ramé jusqu'au bout, pour faire voter sa loi instaurant une "riposte graduée" contre le téléchargement illégal. Une loi dont le Conseil constitutionnel vient de retoquer la principale disposition. A peine nommé, Frédéric Mitterrand reprend à son tour le fardeau
Publié le 17/03/2009  Alimenté le 25/01/2010
observatoire le 09/04/2009 par la rédaction

Hadopi : Albanel et les "députés ninjas"

Sur internet, le rejet de la loi par l'Assemblée déclenche commentaires et sarcasmes.

"Alléluia! C'est un miracle parlementaire!", lance le député socialiste Christian Paul à Ecrans.fr. "Une technique classique d'obstruction qui consiste à planquer une dizaine de députés au bon moment derrière une colonne pour faire planter un texte", râle Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée auprès du Point...

Le rejet de la loi Hadopi par l'Assemblée ce jeudi 9 avril, à un moment où aucun observateur ne s'attendait à un tel retournement de situation, a créé un mini-séisme parmi les parlementaires, de droite comme de gauche. Et a mis en ébullition les sites d'info en ligne et les associations engagées dans le débat un peu partout sur le web français.

Loi hadopi - Albanel et les socialist ninjas

 

 

La nouvelle est tombée à 13h15. Adoptée quelques heures plus tôt par le Sénat, la dernière mouture du projet de loi Création et Internet, dit "loi Hadopi", a été rejetée sur les bancs de l'Assemblée nationale, à 21 voix contre et 15 voix pour. Deux députés de la majorité, Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), ont voté avec l'opposition. Le texte, élaboré jusqu'à mardi soir par une Commission mixte paritaire, est rejeté.

Regardez ce vote événement picto


Aussitôt, les sites d'information en ligne se mettent en chasse et commencent à amasser commentaires et réactions.

Le député UMP Lionel Tardy ne se fait pas prier pour répondre, lui qui s'est clairement prononcé à plusieurs reprises contre le texte soutenu par sa majorité, et était absent lors du vote final. Sur Eco89, il affirme qu'il "trouve ça excellent", expliquant qu'"à l'UMP, il y avait un malaise par rapport au texte" : "Normalement, quand un texte est bien ficelé, on a la majorité sans problème. Sur 20minutes.fr, il enfonce le clou, et juge que "l'UMP s'est mal débrouillé".

Un autre opposant déclaré au projet de loi, Jean Dionis du Séjour se lâche : "Le Titanic a coulé et l'orchestre ne joue plus", déclare-t-il sur le site du Figaro, en dénonçant "une gestion maladroite et sourde des débats législatifs" qui a provoqué un "naufrage législatif".

Le socialiste Christian Paul se répand lui aussi volontiers, ironisant sur 20minutes.fr et le Post à propos de Frédéric Lefebvre, député et porte-parole de l'UMP, qui avait défendu le texte dans l'hémicycle, mais n'était plus présent lors du vote. "Ce n'est quand même pas de ma faute si Frédéric Lefebvre était parti déjeuner", balance Paul. Sur ce sujet d'importance, Lefebvre tient à s'expliquer aussitôt au Post. Non, il n'était pas en train de déjeuner, mais animait "depuis 12h30 un atelier du changement à l'UMP sur le partage des richesses".

Le député développe ensuite l'explication qui va devenir l'antienne quasi-officielle de l'UMP et du gouvernement pour expliquer ce désaveu : "Les socialistes ont monté un coup et se sont planqués à une dizaine derrière l'hémicycle. Le président de séance, qui était socialiste, a fait tout de suite voter" lorsqu'ils sont entrés, ne laissant pas le temps à leurs collègues de la majorité d'affluer en nombre sur leurs bancs. L'explication est la même pour le rapporteur UMP du texte, Franck Riester, joint par 20 Minutes : "Des députés socialistes se sont cachés et sont arrivés au dernier moment pour voter le texte."

Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l'Assemblée, essaye de dissimuler le camouflet sur le site du Point : "C'est un bon vieux mauvais coup socialiste. Une technique classique d'obstruction qui consiste à planquer une dizaine de députés au bon moment derrière une colonne pour faire planter un texte. Nous étions majoritaires tout le reste de la matinée..." Il est ensuite bien obligé d'admettre qu'il n'étais pas présent lors du vote : "J'étais dans mon bureau juste à côté. Mais là n'est pas le problème", tente-t-il...

Mais ce sont les membres du gouvernement qui ont le mieux su trouver les mots pour évoquer ce désastre parlementaire. Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, condamne les "actes de flibuste" de l'opposition. Vocabulaire bien choisi pour un texte censé lutter contre le piratage ! Et quand "l'entourage de la ministre de la Culture Christine Albanel" parle sur Ecrans d'une "commedia dell'arte pathétique", on ne sait plus si le terme déisgne le bon coup des socialistes ou l'échec de la majorité...


"Victoire pour les citoyens"

Malgré l'effet de surprise, chacun retombe donc vite dans le classique affrontement politique. Ce qui n'est pas le cas des militants qui bataillent depuis des mois contre la loi Hadopi. Ainsi, le site PCInpact n'en revient pas de cette "claque magistrale pour la ministre de la Culture", qu'il n'avait absolument pas anticipé. La preuve ? L'adresse URL de son article qui relate le vote, manifestement préparé à l'avance, indique "hadopi-creation-internet-vote-adoptee" !

De son côté, la Quadrature du net, très active sur ce dossier, n'en revient pas de cette "formidable victoire pour les citoyens" : "C'est un fantastique exemple de l'utilisation du Net pour contrer ceux qui tentent de le contrôler, déclare son porte-parole Jérémie Zimmermann, qui a notamment organisé des campagnes de "sensibilisation" des députés par e-mails. Les libertés individuelles n'auront finalement pas été sacrifiées pour tenter de préserver les intérêts corporatistes de quelques industries obsolètes." L'association s'émeut et va jusqu'à saluer "la puissance du réseau", capable de "rendre hommage à la justice et à la vérité". A peine plus sobre, le site Numerama se félicite : "C'est absolument incroyable, mais c'est la démocratie qui a gagné ! C'est vous, internautes, qui avez gagné. (...) Ce sont des mois de combat et de démonstrations de la dangerosité juridique et technique du texte qui trouvent leurs fruits."

Les militants ne devraient peut-être pas crier victoire trop tôt. Dans un communiqué, Albanel "fait part de sa détermination intacte à se battre pour la défense des créateurs et contre le pillage des oeuvres" et "se dit déterminée à se battre" pour que le texte soit finalement adopté "par les deux chambres lorsque le projet de loi sera à nouveau débattu, dès la fin du mois". Son cabinet reconnaît tout de même qu l'effet médiatique de la nouvelle discussion à l'Assemblée nationale "sera désastreux".

Les plaisantins ont d'ailleurs commencé à s'en donner à coeur joie. Deux versions d'une affiche moquant la ministre circulent par exemple sur les boites mails et les blogs. La première est basique et pas franchement neuve. Mais la seconde tire parti de son communiqué, où elle dénonce, elle aussi des députés PS qui "ont dissimulé leur présence pour surgir dans l'hémicycle à la minute même du scrutin".

Gare aux députés ninjas !


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


"Socialist ninjas" ? La formule est peut-être appelée à un bel avenir médiatique. C'est déjà un succès sur les comptes Twitter des journalistes et blogueurs spécialisés, où chacun rivalise d'ingéniosité pour commenter la situation dans la limite des 140 caractères impartis par ce site de "micro-blogging".

Nos piques assassines préférées ? "Lefebvre prend ses responsabilités, quitte la politique et rentre dans les ordres" (en référence à ce détournement), et "Un député UMP s'explique : «Y'avait des frites à la cantoche»", signées Alex Hervaud et Erwan Cario, tous deux journalistes à Ecrans.

Mots-clés : Albanel, Assemblée nationale, Hadopi, ninja, Parti Socialiste, rejet



RSS
Le dossier par mot-clés
Sommaire du dossier
Commentaires
Hadopi : les chiffres en folie d'Albanel
Bonjour @si, et plus particulièrement à sa rédaction. Je voulais vous demander si vous pouviez réfléchir sur le fait de ...
Par Jb Yoz
le 13/03/2009
Le gouvernement rame pour sauver la riposte graduée
Pour être franc, je ne vois rien de choquant en cette fameuse « riposte graduée ». Le projet de loi pose 4 soucis 1...
Par Xavier
le 08/10/2008
Albanel, et le sondage sur le téléchargement qui tombe à pic
Ce que ne dit pas le ministère de la culture : - ce n'est pas le pirate qui est condamné mais le propriétaire de la ligne et...
Par Sylvain Briand
le 28/05/2008
Tous les forums Besoin d'aide ?