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Facebook, Twitter, nouveaux médias ?
Facebook, Twitter, et autres réseaux sociaux, hypnotisent les medias (surtout les médias en ligne), qui leur prêtent un rôle immense. Trop ?
Publié le 06/01/2008  Alimenté le 13/01/2010
enquête le 09/12/2008 par Sophie Gindensperger

Envoyé Spécial (F2) accusé de caricaturer Facebook

Bronca sur le réseau après un reportage "moranoïaque"
Quand la télévision se penche sur la Toile, il faut toujours s'attendre à...des réactions vives. D'autant plus quand le sujet du reportage est un site sur lequel plus de 5 millions de personnes sont inscrites en France : Facebook.

Ce réseau social, son succès, son fonctionnement et les interrogations qu'il soulève quant à la vie privée étaient le sujet d'un reportage d'Envoyé spécial diffusé le 4 décembre sur France 2. Sur le Net, les réactions n'ont pas tardé.
Facebook

Nombreux sont les utilisateurs de Facebook qui ont regardé avec attention le reportage qu'Envoyé spécial a consacré, jeudi 4 décembre, à leur réseau social préféré. Et pour savoir ce qu'ils en ont pensé, il suffit de chercher... sur Facebook bien sûr. Dans un groupe créé spécialement pour l'occasion, chacun y va de son petit commentaire : "C'est ridicule ce reportage ! Les journalistes de France2 ne connaissent visiblement rien à Facebook et ils n'ont pas pris le temps de savoir ce que c'était vraiment". Et si un message vient nuancer le propos, la tonalité générale est bien celle-ci : réducteur, orienté, incomplet.

Que trouvait-on dans ce reportage ? Le but des journalistes Jérémie Drieu et Matthieu Birden était comprendre le succès du site, mais aussi de pointer ses dérives possibles, notamment concernant la vie privée. Pour cela, ils ont rencontré des utilisateurs du réseau, du nouvel inscrit aux habitués, en passant par les politiques. Mais aussi au menu: les faits divers, comme l'histoire de cet homme qui a assure avoir tué sa femme qui, après leur séparation, s'était déclarée "célibataire" sur Facebook, ou encore celle de ce stagiaire qui a menti à son chef sur son emploi du temps, et a ensuite été trahi par une photo de lui mise en ligne sur la plate-forme.

Sur les blogs, on pointe d'abord des inexactitudes dans le sujet. Et ce dès le début.

Dans les premières minutes, le reportage présente Mark Zuckerberg, le fondateur du site. "Un des hommes les plus riches de la planète, sa fortune est estimée à un milliard et demi de dollars, sa photo a fait la une des journaux du monde entier", avance le commentaire.

Pour les spécialistes du secteur des nouvelles technologies, ça commence mal.

"Non il n’est pas millardaire. Du moins pas encore. Il l’est très très virtuellement. Précision et non des moindres", écrit par exemple Ouriel Ohayon, sur Techcrunch (version française).



"La question de l'économie d'un site surévalué par les investisseurs, mais présenté ici à coups de milliards de dollars, est abordée, mais sans préciser ce que signifiaient ces sommes, et pourquoi elles sont aussi considérables que contestables, et ne renseignent que mal sur les capacités de l'entreprise", déplore aussi Florent Chevallier sur son blog l'imaginère.

Ce que reprochent les deux blogueurs au journaliste: ne pas avoir précisé que la fortune de Mark Zuckerberg n'est due qu'à la valeur donnée par le marché à son entreprise. Car l'argent n'est pas physiquement sur le compte en banque du jeune prodige. C'est la valeur estimée de ce qu'il tirerait de Facebook s'il revendait le site. Certains pointent un risque d'effondrement d'une "bulle" spéculative autour du site, surtout dans un contexte de crise financière, qui a d'ailleurs poussé le PDG à demander à ses employés d'attendre avant d'être autorisés à vendre une partie de leurs stocks d'actions.

Une objection que le journaliste estime infondée : "Zuckerberg a été classé 324 e fortune mondiale par le magazine Forbes avec un milliard et demi de dollars ( Après vérification, Forbes le classe 785e, ndlr). On peut estimer que sa fortune est faite", explique-t-il, avant d'ajouter que "dans des reportages télé, on ne peut pas rentrer dans des explications subtiles à chaque phrase. Si je dis qu'il est milliardaire, c'est parce que je sais ce qu'il en est".

Autre reproche au reportage : faire croire que l'on est obligé de s'inscrire avec ses vrais nom et prénom, ainsi que donner de nombreux détails sur sa vie privée.

picto Dans le reportage, on voit en effet un jeune homme, Olivier, se lancer dans l'aventure.

"Première chose, entrer son vrai nom", dit la voix-off. Or, s'il est en effet d'usage de s'inscrire sous son vrai nom, il est tout à fait possible d'entrer sur le réseau sous un pseudonyme. Seul hic : ce sera plus difficile aux gens qui vous connaissent dans la vraie vie de vous reconnaître en ligne.

"Olivier sera donc visible sous sa vraie identité, et en plus, Facebook pose des questions personnelles voire intimes", continue le reportage. "Même mes orientations sexuelles", s'étonne Olivier, qui écrit aussi qu'il est "UMP" et "catholique". "Olivier n'est heureusement pas obligé de répondre", ajoute la voix-off.

A plusieurs reprises, les reporters d'Envoyé spécial ont eu l'occasion d'interviewer le célèbre PDG Mark Zuckerberg. Mais les questions posées laissent un peu le téléspectateur sur sa faim. "Etes-vous le nouveau Bill Gates" ou "Voulez-vous devenir comme Google" : des questions qui n'abordent pas du tout la protection de la vie privée ou le financement de Facebook, qui reste assez opaque. Le journaliste Jérémie Drieu le déplore aussi. "Quand on lui parle de ça, il répond "connecting people et sharing information" (connecter les gens et partager de l'information).

Des interviews d'autant plus décevantes que par ailleurs, le reportage n'a pas hésité à pointer les risques de dérives pour la vie privée des utilisateurs, et la puissance de la base de données de Facebook (qui répertorie tout ce que lui confient ses utilisateurs). Trop même pour certains facebookers, qui au-delà des erreurs sur des détails déjà évoqués, en retirent l'impression que le journaliste essaie d'effrayer le téléspectateur en mettant en avant les poblèmes de confidentialité des données.

"Le monde d'Internet sait pertinemment que les médias ""traditionnels"" ne savent pas traiter convenablement tout ce qui touche de près ou de loin aux nouvelles technologies. Ce qui rajoute donc au côté "je panique l'opinion publique" habituel", attaque par exemple Thibault Charron. Le tout avec des "images destinées à faire peur en plaçant le spectateur/utilisateur de Facebook dans la position du voyeur à travers des caches en forme de trou de serrure", rappelle Florent Chevallier.

Il montre une capture d'écran en exemple picto



Trou de serrure envoyé spécial Facebook


Pour David Abiker (notre chroniqueur, aussi blogueur), ce reportage a toutes les chances d'attiser la "moranoïa" (de Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille), à savoir le "sentiment de peur éprouvé derrière, au contact ou face à un écran d’ordinateur, pour soi ou pour ses proches".

"Quand on fait un sujet sur internet, sur les blogs, le téléchargement, réplique Drieu, il y a toujours un effet-loupe sur quelques blogs, car les gens intéressés sont très connectés à l'internet. Ils ne sont pas forcément représentatifs." Il ajoute : "quand on fait ce sujet, on a un regard critique sur un outil auquel un certain nombre de gens sont attachés dans leur vie. On a un rapport très affectif à Facebook." Il rappelle qu'il a aussi montré les aspects positifs de Facebook, en discutant avec des utilisateurs du site dans un cybercafé, et en montrant qu'il était possible grâce au site de faire se rencontrer les gens pour diverses manifestations.

Maxime, Lou, et les "plans taz"

Plusieurs blogueurs et facebookers semblent s'être sentis trahis par une séquence en particulier : celle de Maxime et Lou.

Maxime et Lou ont 14 ans et sont "en avance pour leur âge", dit le commentaire. S'ensuit une séquence assez décalée où les deux jeunes filles, cigarette à la main, expliquent comment elles draguent sur le réseau social, comment on peut s'y fournir en ecstasy (Tu a pas un plan taz ?), et comment elles y exposent des photos d'elles pour le moins sexy.


Les deux minettes ont déclenché l'ire de certains "facebookers" : certains ont créé un groupe Facebook "contre les filles de 14 ans du reportage d' Envoyé special sur facebook", et plein d'autres les traitent de "pouffes" ou de "pétasses".

"J’ai regardé l’émission (en léger différé) et je l’ai trouvée très incomplète, mettant trop l’accent sur l’aspect drague et échange de drogue. Comme souvent à la télé, on donne la parole à de jeunes filles, pas vraiment représentatives de l’ensemble des utilisateurs, mais ravies de s’exhiber devant une caméra en faisant de la provoc devant une caméra. Tout ceci destiné à effrayer, à déclencher la psychose auprès du grand public qui ne retiendra probablement que cet aspect partiel et incomplet", regrette cmic, tandis que Jaguie sur ChroGeek se demande "si elles vont plus regretter leurs photos facebook ou bien leur présence dans ce reportage dans une dizaine d'années". La question n'est pas si anodine : les deux jeunes filles ont peut-être 800 amis qui peuvent voir leurs frasques sur Facebook, mais jeudi soir sur Envoyé spécial, ce sont pas moins de 4 millions de téléspectateurs qui les ont regardées...

Un plan particulier a gêné Fabrice Epelboin de ReadWriteWeb. A la fin de la séquence, un lapin en premier plan rappelle qu'à 14 ans, ces deux jeunes filles que l'on aperçoit dans le fond sont encore des enfants. Le lapin ? Il rappellera quelque chose à ceux qui ont vu la campagne de prévention mise en place par le secrétariat d'Etat à la famille (en ligne ici)... Le spot montre une mère de famille qui accueille un homme à l'air pervers, qui vient chercher sa petite fille pour lui montrer "un vrai lapin". "Protégez vos enfants, activez les contrôle parental sur internet", conclut le spot.


Lapin-envoyé spécial

Envoyé spécial : le lapin
Lapin-Morano

Le clip de Nadine Morano

 

Face à la fronde des internautes, le responsable des antennes internet de France Télévisions, Pierre Mathieu, a lancé sur son compte Twitter (sorte de mini-blog) une invitation à ceux qui critiquent le reportage d'Envoyé spécial : "Allez, j'invite tous les supers critiques d'Envoyé spécial facebook à faire un contre-reportage, on diffusera le meilleur sur france2.fr", lance-t-il. Chiche ? Le blogueur Fabrice Epelboin a décidé de le prendre au mot et de lancer un appel à contributions sur son blog. Un groupe facebook ad hoc a (évidemment) été créé. A suivre.

 

 

Mots-clés : Envoyé Spécial, Facebook, France2



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"Facebook est le seul endroit où un pédophile n'ira jamais"
Desole de t'apprendre cela mais le forum d'arret sur images est indexe par google...puisqu il est publique et que les non ...
Par Truc
le 15/12/2008
"Facebook est le seul endroit où un pédophile n'ira jamais"
Voulant être dans le coup, dans l'ère du temps, à la page, dans le mouv', branché, cool (rayez la mention la moins in, la ...
Par Rémy
le 12/12/2008
Comment l'imposteur de Facebook a trompé toute la presse
Merci pour l'article, qui appelle vraiment plusieurs commentaires. 1) La crédulité de certains journalistes, alors qu'ils ...
Par Babibocho
le 07/01/2008
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