Le "comité invisible" était repéré...depuis 2007
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Le feuilleton de l'arrestation de saboteurs présumés issus de la mouvance d'ultra-gauche a accouché le 12 novembre d'un nouveau personnage : le mystérieux "comité invisible" collectif à l'origine d'un livre, L'insurrection qui vient , (Editions La Fabrique) et dont feraient partie les interpellés de Corrèze. Les médias en citent aujourd'hui quelques lignes croustillantes sur le sabotage des TGV, en les détachant du reste du livre. Mais l'ouvrage, de tonalité ironique et situationniste, publié en mars 2007, avait alors déclenché une petite polémique dans la blogosphère. Et au moins une journaliste du Nouvel Obs semblait détenir quelques informations sur ses auteurs. |
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C'est le journal Sud-Ouest, qui, le premier, le 12 novembre, fait le rapprochement entre les arrestations de Tarnac (Corrèze) et le livre "L'insurrection qui vient" publié par un collectif anonyme, le "Comité invisible", aux éditions La Fabrique (disponible en pdf). |
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"Benjamin Rosoux et le « groupe du Goutailloux » ont participé à la
rédaction de "L'Insurrection qui vient", un essai collectif publié en
mars 2007 (le 22, comme par hasard) par les éditions parisiennes de La
Fabrique. Signé d'un mystérieux Comité invisible, cet ouvrage explique
pourquoi les tensions qui agitent notre société en décomposition vont
déboucher immanquablement sur une insurrection" lit-on. Une information reprise sur lefigaro.fr, et donnée dans Le Monde, qui s'attarde longuement sur le profil du "leader" présumé de ce groupe. "Dans
cette "mouvance", Julien Coupat apparaît depuis plusieurs années. Issu
d'une famille bourgeoise, doctorant en histoire et civilisation à
l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il a abandonné
ses études en 1999. Il a été membre du comité de rédaction de la revue Tiqqun,
influencée par le situationnisme de Guy Debord et qui a connu un
certain écho dans les milieux autonomes avant de s'autodissoudre en
2001."
C'est un passage en particulier qui, forcément, attire l'oeil des journalistes. A la page 101, on peut y lire :"L'infrastructure technique de la métropole est vulnérable : ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations, qu'il est possible d'attaquer. Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd'hui de reconquérir et réinventer les moyens d'interrompre ses réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique ? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ?"
Situationniste, poétique, distancié : L'insurrection qui vient peut être décrit de cette façon. "Sous quelque angle qu'on le prenne, le présent est sans issue", commence-t-il, avant d'opérer un constat cynique sur la société. Dans un deuxième temps, il propose d'agir, de "s'organiser" en "communes" définies "non par les personnes qui les composent, mais par l'esprit qui les anime".
Mais cet ouvrage, mis aujourd'hui sous le feu des projecteurs, n'était inconnu ni de la blogosphère, ni des médias, ni...de la police.
A sa sortie de 22 mars 2007 (une date certainement pas prise au hasard), le livre connaît un certain écho dans la blogosphère : cité par plusieurs blogs (ici en avril 2007, là en juin de la même année, sur un blog de flucutuat en novembre, là en août 2008), il intrigue et intéresse.
On voit apparaître son titre dans Le Monde du 2 février 2008, dans un article intitulé "Les RG s'inquiètent d'une résurgence de la mouvance autonome".
"A Toulouse, dans la nuit du 24 au 25 novembre 2007, deux hommes et une femme sont interpellés alors qu'ils viennent de faire sauter un engin explosif dans un champ. Randall V., 20 ans, Grégoire M., 22 ans, et Daphné C., 21 ans, transportent avec eux un produit explosif, le triacétone triperoxyde (TATP), placé dans le couvercle d'une boîte en fer avec un inflammateur de type « détaupeur ». Ce dispositif était relié à deux fils soudés à une pile de 9 volts, le tout étant raccordé à un minuteur électrique. A leur domicile toulousain, les enquêteurs retrouvent une importante documentation « anarchiste », avec des noms évocateurs : L'Insurrection qui vient, ou Organe de liaison au sein du parti imaginaire", lit-on.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie estimait d'ailleurs dans Le Figaro du 1er février que le terrorisme d'extrême gauche était, en France aujourd'hui, "un phénomène limité mais incontestable. Depuis plusieurs mois, j'étais encore ministre de la Défense, j'ai souligné les risques d'une résurgence violente de l'extrême gauche radicale. Le passé nous a montré que la faiblesse des partis politiques extrêmes ouvre souvent la voie aux groupuscules terroristes comme Action directe, les Brigades rouges ou la Fraction armée rouge", expliquait-elle.
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Jean-Yves Camus, chercheur en sciences politiques spécialiste de la question, consacre alors sur Rue89 un billet au renouveau de l'extrême-gauche "autonome". "On l’avait remarqué depuis les manifestations qui avaient immédiatement suivi l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy : il existe en France un renouveau de la mouvance "autonome"d’extrême gauche, qui avait aussi fait parler d’elle lors des mobilisations contre le CPE en 2006 et contre la loi LRU, en 2007", écrit-il alors. |
Citant un extrait du livre, ""Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi ? Qui travaille là où il habite ? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? "La vérité, c'est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu'il résulte de cela, en même temps qu'une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance", il estime cependant que "cela sent bigrement le "retour aux racines", voire "la terre et les morts", thèmes chers à l'écrivain d'extrême-droite Maurice Barrès."
| En cherchant plus loin, on trouve quelques
hypothèses sur la généalogie de ce fameux "comité invisible". Il
s'agirait d'anciens membres du groupe Tiqqun, hypothèse déjà avancée par Le Monde. "Le dernier opuscule de Tiqqun ("Comité invisible", ôte ta moustache, on t'a reconnu), L'Insurrection qui vient, est remarquablement représentatif des défauts et des qualités de ce groupuscule d'intellectuels, constitué il y a une dizaine d'années autour de la pensée de Giorgio Agamben, et dissous quelque temps du fait, paraît-il, de démêlés virils au sujet des attentats du 11 septembre 2001, et aussi d'histoires de filles sur fond d'abus de boissons fermentées", avance le blogueur Dr Steckelburjer. |
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L'idée est aussi avancée par un commentateur de ce blog. Tiqqun a d'ailleurs publié chez le même éditeur, la Fabrique
Pourquoi tant de questions sur ce comité invisible ? Parce que ce qui gêne avant tout certains blogueurs, c'est un anonymat...sélectif, puisque percé par certains journalistes. "Cet anonymat, cependant, paraît curieusement défendu par leurs auteurs, quand ils veulent en faire une sorte de clandestinité, fort peu compatible avec une activité publique comme le discours où il paraît, dans une société aussi policée. D’autant plus, si ce que dit ‘Le Nouvel Observateur’, dont le critique connaît le nombre, l’âge, et apparemment le lieu d’habitation des membres de ce comité, est vrai. Si l’anonymat contre la police interdit tout accès à la publication, l’anonymat qui permet la publication devrait au moins pouvoir se garder complètement face aux médias les plus engagés dans notre société comme ‘Le Nouvel Observateur’ " lit-on sur ce blog, "Turn over".
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Elsa Vigoureux, journaliste à l'Obs, auteur de cet article, n'était pas joignable le 12 novembre dans l'après-midi. |
le 05/12/2008
le 05/12/2008
le 12/11/2008




