La rédaction de France 24 brutalement décapitée
L'un des journalistes licenciés avait publié un pamphlet anti-Kouchner en...1993|
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"La panique", c'est ainsi que des journalistes de
France 24 résument ce qui se passe dans leur chaîne. Mardi 16 septembre au
soir, un rédacteur en chef, Bertrand Coq, a été remercié par la direction de la
chaîne. Mercredi matin, c'était au tour de Grégoire Deniau, directeur de la
rédaction, d'être mis à pied.
Pourquoi cette hécatombe ? Sollicités par la rédaction, les dirigeants Alain de Pouzilhac et Gérard Saint-Paul sont venus s'expliquer, mercredi en début d'après-midi.
Il est reproché à Deniau d'avoir menti après un
couac au sein de la chaîne. Le 11 septembre dernier, le journaliste Sylvain
Attal avait décidé d'organiser un débat sur la remise en cause de la version
officielle des attentats du 11 septembre 2001. Le directeur de l'information, Gérard Saint-Paul, aurait laissé entendre qu'il
n'en voulait pas, sans pour autant l'interdire formellement, selon notre source.
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Le débat sur le 11 septembre a finalement bien eu lieu, en présence non
pas du sulfureux Thierry Meyssan (comme évoqué dans un premier temps), mais d'AtMOH, l'animateur du site "reopen 9/11", principal relais en France des thèses conspirationnistes. En voici l'introduction
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Selon Pouzilhac, suite à des
plaintes de
téléspectateurs, des comptes auraient été demandés à Deniau. Celui-ci
se serait défendu, assurant d'abord avoir demandé aux journalistes en
charge
de l'émission de changer d'angle, puis déclarant avoir interdit le
débat.
Une version ensuite démentie par l'équipe chargée du débat : aucun
doute, pour
eux,
Deniau leur avait donné son feu vert.
Un rédacteur en chef qui ment pour se couvrir : la "faute professionnelle" aurait signé l'arrêt de mort de Deniau.
Cette version laisse pourtant sceptiques plusieurs membres de la rédaction, qui
voient en Deniau un chef loyal qui a toujours soutenu ses troupes.
Autre raison invoquée, de façon non-officielle : le directeur de la rédaction avait
posé une semaine de vacances juste au moment de la crise entre la Russie et la
Géorgie. C'est donc par téléphone uniquement qu'il a piloté ses troupes. Qu'il
ne soit pas rentré de vacances aurait gêné ses chefs.
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| Des journalistes ont confirmé qu'il pouvait se montrer rude envers ses
subalternes. La concordance des deux licenciements serait donc dûe au hasard. Mais au sein de la rédaction, le doute persiste. Car dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel, France 24, tout comme RFI et TV5, rejoignent une holding présidée par Alain de Pouzilhac et dont la directrice générale déléguée n'est autre que Christine Ockrent, l'épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. |
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Or, on ne peut s'empêcher de penser à la crise qu'a piquée le ministre le
18 juillet dernier à l'antenne de la chaîne internationale. Vexé par un reportage
retraçant sa carrière sans concession, Kouchner s'était énervé en direct. "Tout
le monde s'imagine qu'Ockrent réfléchit à la nouvelle organisation de la
chaîne, et certains ont peur de ne plus en faire partie, ils ont la
pétoche", avait alors confié une source interne à la chaîne. Coq de son coté a écrit en 1993 un livre peu amène pour l'actuel ministre des Affaires étrangères : Les tribulations de Bernard K. en Yougoslavie ou l'imposture humanitaire (Michel Floquet, Bertrand Coq, Editions Albin Michel,1993). |
Comme bien d'autres, le journaliste du Point Emmanuel Berretta voit donc dans ces
licenciements la main d' Ockrent. Il rappelle que Deniau, tout au long de sa carrière, n'a jamais
cédé aux pressions du Quai d'Orsay. Lorsque le Quai
recommandait de n'envoyer aucun journaliste en Irak en raison des risques
d'enlèvement, lui n'en tenait aucun
compte.
Dans la rédaction, on s'inquiète surtout de
connaître les futurs remplaçants des deux licenciés. C'est provisoirement
Gérard Saint-Paul, le directeur de l'information, qui prend la place de Deniau.
Il doit prendre sa retraite en novembre.
Contactés par @si, Gérard Saint-Paul, Alain de Pouzilhac, et Sylvain
Attal n'ont pas donné suite.
Mise à jour jeudi 18 septembre à 11h30 :
Ajout de la vidéo de France 24 et précisions sur la présence d'AtMOH et non pas de Thierry Meyssan dans le débat.
Mise à jour mercredi 24 septembre à 12h30 :
France 24 pourrait être poursuivie par la chaîne américaine NBC pour avoir
diffusé sans autorisation des images des JO, révèlent le site Rue89 et
Libération.
Pendant les JO, la chaîne a en effet diffusé des images sur son site Web, sur
Youtube et sur ses antennes française et anglaise. Ce qui fait que l'on pouvait
visionner le 100m, épreuve reine, sur le territoire américain, et ce avant même
que celle-ci soit diffusée par NBC. La chaîne américaine avait en effet décidé de
privilégier le basket de la NBA.
NBC pourrait donc demander des dommages et intérêts à France 24, demande qui
pourrait mettre en péril l'existence même de la chaîne, si elle était acceptée.
Cette erreur de la chaîne serait, selon la direction, une des raisons du
licenciement de Grégoire Deniau, ex-directeur de la rédaction limogé la semaine
dernière. Contacté par Rue89, Grégoire Deniau affirme que "tous les
membres du directoire de France 24 étaient au courant qu'on diffusait ces
images. Imaginez-vous sérieusement que j'aie pris cette décision sans en
référer au directoire ou au service juridique ? De plus, ce n'est pas moi qui
ai appliqué cette décision, puisque je suis parti en vacances avant le début
des JO."
le 13/02/2008
le 17/01/2008
le 17/01/2008



Bertrand Coq, (à l'époque grand reporter à TF1) photo issue de
