Tapie reçu à l'Elysée : l'inexplicable silence de la presse
Seul Demorand, sur France Inter...Deux journalistes ont croisé vendredi 12 septembre Bernard Tapie à l'Elysée. Mais entre les démentis et les "sans commentaires", pas un mot (ou presque) dans les médias traditionnels.
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Tout le week-end, la presse en ligne s'en est fait l'écho. Tapie reçu à
l'Elysée, vendredi 12 septembre, en (presque) toute discrétion. Le site de Bakchich l'assurait : "A 16h ce vendredi 12 septembre, Bernard Tapie, costard cravate sombre et teint hâlé, se baladait dans la cour de l'Élysée. Le "fantôme du Château" a même dû attendre quelques instants sous un porche, avant qu'un garde ne le conduise au bureau de François Pérol, secrétaire général adjoint, plus précisément en charge des affaires économiques. Nicolas Sarkozy, lui, était absent de l'Elysée." |
Contacté par Bakchich, Tapie dément, dans son style bien à lui : "Si j'y
étais allé, je vous le dirais, je vous raconterais même pourquoi et qui j'ai
vu". Bakchich maintient. L'Elysée se refuse à tout commentaire. La rumeur enfle, lefigaro.fr cite Bakchich dans ses "flashes actu". Mais l'AFP attend que les PS réagisse pour faire une dépêche.
Du coup, les sites d'info reprennent l'AFP (Lemonde.fr, lejdd.fr, liberation.fr, europe1.fr).
"Une journaliste du journal en ligne aurait aperçu l'ancien homme d'affaires à l'Elysée vendredi après-midi", dit la dépêche. Marion Mourgue, à l'origine de l'article de Bakchich, note que l'agence utilise le terme "apercevoir" et le conditionnel. "Il était à un mètre de moi", précise-t-elle. Que faisait-elle donc à l'Elysée ? "J'avais un rendez-vous", explique-t-elle, sans préciser avec qui, "la personne en question n'a peut-être pas envie que je le dise." Aucun journaliste n'a pris contact avec elle suite à la publication de son article.
Il faut dire que la présence de l'ancien homme d'affaires dans les bureaux de l'Elysée
n'aide pas à lever les soupçons d'intervention haut-placée dans la
procédure d'arbitrage qui opposait le Crédit Lyonnais à Tapie, et qui
s'est soldée au profit de ce dernier. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a toujours affirmé qu'elle avait elle-même choisi cette procédure, hors de toute intervention élyséenne. @si vous en parlait dès le 17 juillet dernier.
Or, note Daniel Schneidermann le lundi 15 septembre dans sa chronique
matinale, sur les radios du matin, rien. L'information a fait pschitt.
Dans la même journée, une journaliste du magazine Challenges,
présente elle aussi à l'Elysée vendredi 12 septembre, confirme la présence
au Palais de l'homme d'affaires sur challenges.fr. Dominique
Perrin donne même des précisions : "Bernard Tapie a bien été reçu
vendredi à l'Elysée par un collaborateur de Nicolas Sarkozy. A 16h05, très
exactement, l'ancien homme d'affaires a été conduit devant le bureau du
secrétaire général adjoint chargé des affaires économiques, François Pérol, au
deuxième étage de l'aile droite de l'Elysée. "Ah, mais il y a du beau
linge ici!", se sont exclamés des membres de Matignon sortant du
bureau."
Pourquoi Challenges a-t-il gardé l'information jusqu'à lundi ? Tout simplement une mauvaise appréciation du scoop. "On s'est dit qu'on allait garder l'information pour les pages "confidentiels" du magazine, qui sont très lues. On a eu la naïveté de croire que ça tiendrait jusqu'à jeudi... Mais on aurait dû le mettre tout de suite en ligne, c'était une erreur. Il suffit de traverser la cour de l'Elysée pour être repéré." Contacté par Challenges pour commenter cette visite, François Pérol n'a pas donné suite. Pour le magazine, la déception est accentuée par le peu de reprise qu'obtient leur scoop "deuxième main".
Seule la toile, à nouveau, semble être prête à entendre l'info. Aucun confrère n'a en tout cas contacté Dominique Perrin pour en savoir plus. Finalement, Le Monde version papier reprend l'information lundi 15 septembre (édition datée du 16) dans un bref encadré de ses pages France.
Ainsi confirmée, la visite secrète a tout de même passé le filtre des radios du matin, en la personne de Nicolas Demorand sur France Inter. Au micro : Jean Peyrelevade, banquier d'affaires et vice-Président du Modem, mais surtout ancien PDG du Crédit Lyonnais, et à ce titre principal opposant de Tapie dans l'affaire.
C'est quand un auditeur interroge l'invité sur l'affaire Tapie que Demorand embraie ![]() |
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La présence de Tapie à l'Elysée vendredi n'"étonne pas" Jean Peyrelevade. "J'ai dit de manière très factuelle que Bernard Tapie et ses liquidateurs ont essayé pendant des années à plusieurs reprises de transiger , de trouver uneconciliation avec les ministres des finances successifs, que le premier qui lui a donné satisfaction sur le principe de la conciliation puis de l'arbitrage, c'est le Président Nicolas Sarkozy."
Mais pour l'instant, les auditeurs des autres stations, et les télespectateurs des principaux jités, ne savent pas que Tapie était à l'Elysée, vendredi 12 septembre vers 16 heures.
Mise à jour mercredi 17 septembre à 11h30 :
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Le résumé des faits par Aphatie
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le 26/12/2008
le 24/09/2008
le 15/09/2008


