Géorgie : BHL en a dit plus qu'il n'en a vu
Et Rue 89 l'a démasquéBel exercice de "fact checking" pour Rue 89, qui a repris et vérifié de façon très détaillée le long témoignage que BHL a livré au Monde sur son passage en Géorgie, dont nous vous avons parlé ici.
|
Après avoir interrogé la plupart des compagnons de voyage du
philosophe et des journalistes présents sur place en même temps que lui, le
site d'info établit que "BHL n'a pas vu toutes ses «choses
vues» en Géorgie". |
|
Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud,
Marie-Anne Isler-Béguin était avec lui aux abords de Gori, et elle affirme : "On
a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville".
Et ajoute
que, contrairement à ce que laisse entendre le texte ("Nous pouvons
constater les incendies à perte de vue", "C'est une ville géorgienne.
Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée."), seuls les champs étaient en feu.
"Et il y a d'autres
approximations, explique-t-elle à Rue 89. S'il arrive à distinguer les
militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S'il a senti une odeur
de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et
réduite à l'état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le
dire, tout simplement parce que personne n'y était encore allé."
Autre exemple d'exagération, voire de bidonnage : toujours près de Gori, dit le texte, "une
voiture, devant nous se fait braquer par un escadron d'irréguliers qui, sous
l'œil placide d'un officier russe, fait descendre les journalistes et leur
arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule".
Petit souci, le documentariste Raphaël Glucksmann, présent lui aussi, indique que
c'est la police géorgienne qui leur a relaté l'incident : "Les policiers
nous ont raconté qu'une voiture de l'UNHCR [le Haut
commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire
dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n'ai pas vu
cette scène. C'est simple, la route fait un coude et juste après, à
500mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on
ne le voit pas".
Le site a bien sûr interrogé l'auteur, qui ne dément pas les
approximations relevées. Mais ses réponses sont lapidaires.
Ce "témoignage" de BHL excite décidément les imaginations, puisque, après le "Choses vues dans la Syldavie en guerre" de Rue 89, vous pouvez lire un
deuxième pastiche du texte de BHL sur le site Causeur.fr. L'écrivain Gilles Leroy imagine l'article qu'aurait livré BHL s'il avait été pro-russe. Cela vaut le coup d'oeil...
le 24/08/2008
le 23/08/2008
le 20/08/2008
