Chez Georges

Ancien enquêteur dans d"honorables journaux (Rouge, Le Canard enchaîné, Le Monde, entre autres) Georges Marion revisite périodiquement d'anciennes ou de nouvelles affaires, oubliées ou non.

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chronique du par

Le policier, cet éternel râleur

1983 : quand Jean-Marie Le Pen manifestait avec les policiers contre Badinter

Autant le comprendre tout de suite: l’argent, les matériels et autres fournitures que s’apprête à offrir Bernard Cazeneuve aux policiers pour calmer leur grogne n’offrent aucune garantie pour l’avenir. Sans en connaître la date, on peut parier sur la suite: une nouvelle crise, de nouvelles grognes et de nouvelles «solutions». Car, d’expérience et presque par définition, le policier est un être insatisfait et râleur, largué sur le front de crises toujours imprévues, toujours mouvantes, toujours renouvelées. S’il les surmonte, il scrute déjà la suivante; s’il ne les maîtrise pas, il rumine et, à la faveur d’un incident sanglant, descend dans la rue, met en cause sa hiérarchie, la justice, le pouvoir, les «autres» et leur «absence de respect», ou de peur, pour son uniforme et sa fonction.

"Jamais vues", les manifs actuelles de policiers ? La tonalité médiatique pourrait le faire croire. Mais c'est faux. Ces manifestations hors de tout cadre syndical ne sont pas sans précédent, contrairement à la tonalité médiatique qui les entoure. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, plusieurs crises analogues à la crise actuelle ont secoué la police. Quasi toutes se sont développées selon le même schéma: dans un climat politique tendu, un épisode dramatique joue le rôle de détonateur ; des mouvements d’humeur débouchent sur une manif; des revendications sont exprimées, souvent disparates, parfois en rapport lointain avec le motif de la colère initiale, mais facilement satisfaites si elles entrent dans un cadre quantitatif «raisonnable»; quelques sanctions sont prises contre les «meneurs» (mise à pied, rétrogradation ou éviction) tandis que le préfet de police qui n’a rien vu venir, ou rien pu empêcher, est limogé. Une pincée de touche politique relève enfin le plat: la dénonciation rituelle, parfois à raison, souvent à tort, toujours réductrice, d’une manipulation qui expliquerait la manifestation de colère publique des forces de l’ordre.

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Echauffourées marseillaises

S’ils n’en possèdent pas toutes les caractéristiques, les événements des années 1947-1948, lorsque des compagnies entières de CRS, soupçonnées de manquer d’ardeur dans le maintien de l’ordre, furent dissoutes par le gouvernement, relèvent bien de ce schéma, surtout quant à la dimension politique....

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le 26/10/2013

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le 19/06/2013
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