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Plainte/ministère du travail : le gouvernement abandonne le "recel"

Par le - 17h29 - suivi

Plainte allégée, mais plainte tout de même. Comme nous le racontions ici, vendredi 9 juin, la ministre du travail Muriel Pénicaud a porté plainte contre X pour "vol", "violation du secret professionnel" et "recel" suite à la publication d’informations internes concernant le projet de réforme du Code du travail. Libération, visé par la plainte pour avoir publié un document de la Direction générale du travail listant des réformes inédites, estimait alors que le vol et la violation du secret professionnel pointaient directement la source à l’origine de la fuite, tandis que le recel permettait d’attaquer le quotidien.

De même, Le Parisien et Mediapart sont potentiellement dans le viseur du Ministère du Travail: le premier pour avoir publié le 5 juin un document qualifié d’avant-projet de loi – document non-officiel selon Pénicaud – et le second pour avoir publié le 31 mai le calendrier "ultra-serré" de la réforme – agenda non démenti ce coup-ci. La plainte pour recel permettait donc de poursuivre ces trois titres.

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Et c’est ce terme de recel qui a été aujourd’hui retiré, selon une information d’Elizabeth Martichoux. Dans un tweet diffusé ce matin, après son interview de François Bayrou, maire de Pau, citoyen ou ministre de la Justice, c’est selon, la journaliste de RTL cite Matignon qui précise que "la presse n'est nullement visée par la plainte". L’information a été confirmée ce midi par l’AFP. L’agence cite également un proche du premier ministre Edouard Philippe qui, en début de semaine, assurait que "la plainte ne vise pas Libé, mais le fonctionnaire en poste qui a fait fuiter". Il précisait également qu’il ne fallait pas analyser la plainte à travers "le prisme de nos rapports avec la presse", mais "celui d’un pouvoir qui veut travailler en pleine confiance avec son administration et qui a été trahi par un fonctionnaire".

Des rapports avec la presse qui se tendent de jour en jour avec la publication hier d’une tribune intitulée Le nouvel exécutif a-t-il un problème avec la liberté de la presse ? et signée par une vingtaine de sociétés de journalistes. On se souvient que les mêmes signataires s’étaient ouvertement offusqués mi-mai de voir la communication du gouvernement et du président Emmanuel Macron totalement verrouillée.

Cette requalification de la plainte ne convainc pas certains journalistes qui, sur Twitter, rappellent que viser les sources, c'est déjà en soi une atteinte à la presse. Elle ne convainc pas non plus Mediapart, qui estime que ce retrait "sert surtout à redorer [le] blason [du gouvernement], en surface. Car cette procédure contournant le droit de la presse est désormais une méthode classique pour museler l’émergence d’informations dérangeantes."

>> L'occasion de lire notre article autour des pressions du gouvernement sur Radio France et Libération.


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