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Macron : levée de fonds dans la banlieue bruxelloise des exilés fiscaux

Par le - 19h31 - lu

D’où vient le financement de la campagne d’Emmanuel Macron ? De gentils donateurs anonymes installés à Paris, Londres, New York… mais aussi à Uccle en Belgique, arrondissement chic de Bruxelles bien connue pour abriter des exilés fiscaux français. En effet, selon le site Mediapart qui passe au crible le porte-monnaie du candidat et de son mouvement En marche !, Macron est allé récolter en octobre dernier, dans ces faubourgs bruxellois huppés, des fonds pour sa campagne auprès de contributeurs invités par le fondateur de la marque Celio, Marc Grosman.

Cette anecdote a été à l’origine révélée par le site belge L’Echo au lendemain de cette levée de fonds, le 20 octobre dernier. Macron n’était donc pas encore officiellement candidat (il a fallu attendre le 16 novembre pour que l’ancien ministre se déclare publiquement). L’Echo assure que Grosman, "français résidant à Uccle […] dont le groupe a un chiffre d’affaires avoisinant le milliard d’euros en 2015", a confirmé "la tenue de la soirée avec une vingtaine de convives". Selon l’entrepreneur, la moitié des invités étaient français, l’autre belges… sans que l’hôte donne l'identité des donateurs.

Mais à en croire DH.be (DH pour Dernière Heure), certains noms ont fuité, à commencer par ceux de deux patrons de médias. Le site belge, qui évoque "43 personnes triées sur le volet […] conviées à un dîner en l’honneur d’Emmanuel Macron", révèle la présence du "Français Claude Berda - historiquement le B de AB Productions" – ainsi que, plus surprenant, celle de Jean-Paul Philippot, patron de la RTBF. Ce dernier nie s’être rendu à la levée de fonds du candidat français… mais le site DH.be maintient ses informations (le nom du patron de la télé et radio publique était de toute façon sur la liste des invités).

Macron L'Echo

Si les "très chers dîners" de Macron à Londres ont souvent été rapportés par la presse (Le Figaro ou Le Point notamment), cette escapade bruxelloise est passée plutôt inaperçue – hormis une reprise sur le site Atlantico et celui de La Tribune. Tous, comme L’Echo, rappellent que Uccle est une destination chouchoutée des candidats ou de leurs représentants français : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Eric Woerth sont également venus draguer le porte-monnaie des exilés français.

Et ce n’est pas pour la qualité de la bière et des frites que les candidats se paient le voyage jusqu’à Uccle. Selon un patron d’un cercle d’affaires cité par L’Echo, "la première chose que nous demandent les chefs de cabinet des politiques français quand ils nous contactent, c’est : «Combien penses-tu qu’on va pouvoir lever ?», ça ne rate jamais. […] Il faut arrêter de croire que les politiques français viennent en Belgique parce qu’ils nous adorent : ils viennent chercher de l’argent d’abord et avant tout".

"il a donc pas mal dépensé"

De fait, ces soirées levées de fond qui ne disent pas leur nom sont souvent lucratives. A en croire Mediapart, Macron a déjà récolté 8 millions d’euros, soit "la moitié du plafond de dépenses autorisé par la loi pour le premier tour d’une présidentielle. Du jamais vu pour un parti tout neuf". De même, on apprend qu’en trois collectes organisées à Londres, "plaque tournante pour le financement de l’entreprise politique Macron", l’équipe de campagne "escompte plus de 200 000 euros de recettes. Un jackpot, à une heure de Paris par l'Eurostar…"

Macron JDD

Macron et l’argent : ce sujet intéresse de nombreux médias depuis le début de l’année, dont Le JDD ou encore Le Monde. En effet, d’aucuns se demandent comment cet ancien banquier d'affaires qui a engrangé plus de 2,8 millions chez Rothschild entre 2009 et 2012 peut publier en octobre 2016 auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) une déclaration de patrimoine bien moindre. Réponse (pour l’heure) de son porte-parole Sylvain Fort au JDD : "pendant les années Rothschild, Emmanuel Macron a adapté son train de vie à ses revenus et il a donc pas mal dépensé". Pas dit que les médias se satisfassent de cette réponse d’ici le premier tour.


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