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YouTube / droits d'auteur : controverse entre Mélenchon et France Inter

Par le - 18h32 - ça reste à vérifier

France Inter aurait "essayé de tuer" la chaîne YouTube de Jean Luc Mélenchon ? C’est du moins ce que prétend le candidat de la "France insoumise". En préambule de sa revue de presse de la semaine, diffusée vendredi 13 janvier sur la plateforme de partage vidéo, le candidat-youtubeur aux 160 000 abonnés (nous vous en parlions ici et ici) accuse la radio d’avoir tenté de faire supprimer sa chaîne. Comment ? En multipliant les signalements auprès de YouTube pour non respect du droit d’auteur.

De quoi s’agit-il ? Les 11 décembre et 4 janvier dernier, Mélenchon était de passage sur France Inter, la première fois dans l'émission Questions politiques de Nicolas Demorand, la seconde dans la matinale de la radio publique. Deux interviews filmées que l’équipe de Mélenchon a par la suite reprises et diffusées sur la chaîne du candidat, comme elle le fait régulièrement après ses passages dans les médias.

Mais quid du droit d’utilisation de ces images ? "En général ça se règle à la bonne franquette parce que les gens comme moi on besoin d’accéder aux images qui me représentent", explique Mélenchon dans sa vidéo en citant par exemple le cas de TF1 avec qui il estime avoir pu discuter "pour essayer de s’entendre". Ce n'est pas le cas avec la radio publique, affirme le candidat-youtubeur qui raconte : "J’ai fait deux émissions à France Inter, qu’on a mis sur ma chaîne Youtube. Vous croyez qu’ils m’ont téléphoné pour dire : «Ah nous faites pas ça monsieur Mélenchon». Non, ils ont rien dit. ils ont téléphoné directement à Youtube deux fois."

Voilà qui, selon Mélenchon, s’apparente à un "coup tordu" visant à faire disparaître son compte YouTube, étant donné, affirme-t-il, que la plateforme se réserve le droit de suspendre une chaîne, "au bout de trois alertes". Pour Mélenchon, la chose est entendue : "Les gars (France Inter) ils savaient qu’il n’y avait plus besoin que d’une (fois) et après couac, ça coupait ma chaîne."


La chaîne de Mélenchon menacée par les signalements de France Inter ? Le site de 20 minutes s’est penché sur le sujet en posant la question à YouTube. Conclusion ? "La politique de YouTube en matière de suspension n’est pas «linéaire» et «automatique»", relate 20 minutes qui ajoute que la suppression définitive d’une chaîne serait "rarement automatique, y compris après trois signalements".

L'"étonnement" de France Inter

De fait, interrogée par le site de LCI, la radio confirme avoir procédé à un signalement. 20 minutes, qui a également joint la radio, explique pour sa part que le signalement par France Inter pour "non-respect du droit d’auteur" n’est pas intervenu tout de suite. La première fois, lorsque l’équipe de Mélenchon publie sur YouTube son passage chez France Inter du 11 décembre, la radio aurait d’abord décidé de ne pas réagir.

Ce n’est que la seconde fois, après l’interview de Mélenchon du 4 janvier, reprise une nouvelle fois sur sa chaîne YouTube que France Inter aurait procédé au signalement. "Cette fois France Inter, soudain beaucoup moins coulante, réplique avec une ardeur d’une étonnante rigidité", explique Libération qui précise : "Sans en référer à l’équipe du candidat, elle fait la démarche, volontaire et manuelle, de signaler à YouTube, directement sur la plateforme vidéo, la double violation du droit d’auteur."

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Quant à savoir si France Inter a signalé la chaîne de Mélenchon, sans échanger un mot avec son équipe, l’affaire semble plus compliquée. "Au regard des échanges par SMS et par mails auxquels 20 Minutesa eu accès, ce n’est pas le cas", affirme le site du quotidien gratuit qui précise : "contrairement à ce qu’a affirmé l’entourage de Mélenchon et Mélenchon lui-même, la radio a précisé dès le 11 décembre par texto la marche à suivre en matière d’utilisation de leur contenu." La marche à suivre ? "Nous ne cédons pas les droits sur les vidéos produites par France Inter, mais vous pouvez utiliser librement les embeds [codes d’intégrations, ndlr] de l’intégrale et des extraits", écrit alors la station à l'attachée de presse de Mélenchon, comme le raconte Libération qui précise que ce message est resté sans réponse et que la vidéo n'a pas été retirée de la chaîne de Mélenchon. Interrogé par le site de LCI, France Inter raconte : "Ce qui s'est passé avec Jean-Luc Mélenchon, c'est que ce process n'a pas été respecté."

La chaîne de Mélenchon, "deux fois plus d'abonnés que celle de France Inter"

Fin de la discussion ? Non, si l’on en croit France Inter. Le 7 janvier, alors que les deux vidéos ont été signalées à YouTube et supprimées par la radio, un membre de l’équipe de Mélenchon a tenté de négocier par courriel. Il demande le retrait des signalements et avance deux propositions : soit tout simplement tirer un trait sur la diffusion des deux vidéos, soit monétiser les vidéos sur la chaîne YouTube du candidat. En d'autres termers, vendre de la publicité sur ces vidéos. Libé cite l'échange de mails du 7 janvier dans lequel le directeur de la com' numérique de Mélenchon explique à France Inter : "La chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon comptant deux fois plus d’abonnés que celle de France Inter, ce peut être utile pour la diffusion de vos émissions".

Finalement, les deux parties optent pour une troisième solution, comme l'explique 20 minutes : "Une solution est finalement adoptée : France Inter autorise Mélenchon à diffuser son contenu (à condition de mentionner la source et de renvoyer vers le site) et accepte de lever ses réclamations auprès de YouTube." Les termes de cet accord auraient d’ailleurs été qualifiés de "conditions parfaites" par l’équipe de Mélenchon, selon 20 minutes qui cite l’échange de mail remontant au 7 janvier. "Ça s’est réglé", confirme à LCI France Inter qui fait part de son "étonnement en voyant cette vidéo" de Mélenchon publiée ce vendredi dans laquelle il taxe la station de "déloyauté absolue". Une vidéo d’ores et déjà visionnée plus de 100 000 fois.

19h17, mise à jour : article de Libération

L'occasion de (re)lire notre enquête "Comment Cyber-Mélenchon est devenu le premier youtubeur politique de France", de (re)voir notre émission "Mélenchon a explosé l'extrême droite sur YouTube", et notre Classe Télé "Mélenchon : youtubeur pour de vrai ou pour de faux ?"


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