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Gaspard Glanz (Taranis News) est fiché S

Par le - 17h24 - suivi

Placé sous contrôle judiciaire depuis son interpellation dans la jungle de Calais fin octobre, Gaspard Glanz, fondateur de l'agence de presse Taranis News, a appris, en faisant appel, qu'il était fiché S.

Il l'annonçait sur sa page Facebook, le 5 décembre. "Le rendu de la cour d'appel de Douai sur l'appel de mon contrôle judiciaire. Ils sont sérieux, sérieux ?". La cour a, en effet, confirmé ce jeudi le placement de Glanz sous contrôle judiciaire, jugeant son appel non-fondé. Dans ce jugement, le journaliste, invité récemment sur notre plateau, a appris une autre nouvelle : il est fiché S. Dans ce document, dont Glanz a partagé des extraits (entourés en rouge) sur les réseaux sociaux, on peut notamment lire : "Figure au dossier la mention que Gaspard Glanz fait l'objet d'une fiche S comme individu susceptible de se livrer à des actions violentes".

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Le journaliste a été interpellé et placé en garde à vue mercredi 26 octobre alors qu'il couvrait le démantèlement de la jungle de Calais. Pendant sa garde à vue, le fondateur de Taranis News a appris qu'il faisait l'objet de deux procédures judiciaires, l'une pour le vol d'un talkie-walkie des CRS à Calais, l'autre pour injure publique sur douze fonctionnaires de police à Rennes à la suite d'un post sur Facebook.

Le 1er octobre, Glanz avait posté la photo d'un talkie-walkie appartenant aux CRS, avec le commentaire "prise de guerre".


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Quelques semaines plus tôt, le 2 juin, Glanz postait la photo de douze policiers en civil lui faisant face, sur son compte Facebook cette fois, annotée du commentaire suivant : "Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer", slogan utilisé par le parti nazi d'Hitler.


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Déféré le 27 octobre devant le procureur de la République, il avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour "vol simple". Il est soumis depuis par le juge des libertés et de la détention à un contrôle judiciaire strict, qui l'oblige à pointer toutes les semaines au commissariat de Strasbourg, jusqu'à l'audience prévue en mars 2017.

La cour d'appel estime aussi "que le fait d'être astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de la ville où le prévenu se dit domicilié n'est pas une entrave à l'exercice de cette activité professionnelle qu'il revendique". Interviewé par Libération, Glanz ne partage pas cet avis : "A Taranis, on n’a pas des moyens gigantesques. Je ne peux pas mettre 200 euros pour un aller-retour en TGV. Et vu l’actualité, je suis surtout amené à travailler à Paris, Calais, Rennes ou Nantes. Soit 1 500 kilomètres aller-retour avec Strasbourg. Depuis un mois, j’ai tourné deux sujets, un à Beaumont-sur-Oise sur la mobilisation après la mort d’Adama Traoré et un autre à Kehl, en Allemagne, sur une manifestation antifasciste. Avant, j’en faisais trois par semaine".

En novembre 2015, Manuel Valls, alors Premier ministre, affirmait que 20 000 personnes étaient fichées S, dont 10 500 pour "leur appartenance ou leur lien avec la mouvance islamique". La fiche S, pour "sûreté de l'Etat", vise selon la loi les personnes "faisant l'objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l'Etat, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard". "En réalité, la fiche S a surtout un rôle d’alerte : en cas de contrôle d’identité, ou à un aéroport, par exemple, elle signale aux forces de l’ordre que des soupçons pèsent sur l’individu contrôlé, et que tout renseignement que l’on pourra obtenir est précieux", précise Le Monde, qui ajoute : "Faire l’objet d’une fiche S ne signifie pas non plus que l’on fait l’objet d’une surveillance active, mais qu’on a été, à un moment, soupçonné, pour des raisons qui peuvent être très diverses, de vouloir atteindre aux intérêts de l’Etat".

Dans son arrêt, la cour d'appel de Douai utilise la fiche S de Glanz comme argument pour justifier sa décision de maintenir le contrôle judiciaire : "Attendu que la cour constate d'autre part, l'adéquation entre le contenu de la fiche de police classant S le prévenu avec les propos qu'il parait avoir tenus sur le réseau Facebook et le contexte insurrectionnel des faits qui lui sont reprochés, ce qui justifie le contrôle judiciaire", peut-on aussi lire dans les extraits publiés par le fondateur de Taranis News sur les réseaux sociaux.

L'occasion de revoir notre émission, avec Glanz, après sa garde à vue : "Si je n'étais pas journaliste, j'aurais ramené des paquets de riz"


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