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Hamilton / mort : comment les accusations de viol ont ressurgi

Par le - 17h49 - lu

Il était mondialement connu pour ses photos de jeunes femmes dénudées. Le photographe britannique David Hamilton a été retrouvé mort vendredi soir dans son appartement de Montparnasse, à Paris, des suites d’un arrêt cardio-respiratoire. "Un suicide" a, dès hier soir, affirmé le site d’Europe 1, alors que des médicaments ont été retrouvés à proximité du corps du photographe. Le nom de l’artiste, devenu célèbre dès les années 1970 pour ses clichés de jeunes filles, à l’érotisme controversé, avait resurgi ces dernières semaines, après des accusations de viol.

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Dans un livre autobiographique paru le 19 octobre ("La consolation", JC Lattès), l’ex-animatrice de télé et désormais animatrice sur RTL, Flavie Flament, 42 ans, révélait avoir été violée à l’âge de 13 ans par un photographe "mondialement connu", sans en donner le nom. C’était, expliquait-elle, en 1987, lors de séances photo dans un camp naturiste du cap d’Agde (Hérault). Très vite, pourtant, le nom de Hamilton avait circulé sur les réseaux sociaux, d’autant que la couverture du livre de Flament était illustré par un portrait d’elle, adolescente, pris par Hamilton.

Si dans son ouvrage, Flament n’avait pas souhaité mettre en cause nommément le photographe, c’était en raison des délais de prescription qui lui faisaient courir le risque de poursuite en diffamation. "J’ai aujourd’hui 42 ans, et j’avais selon la loi française jusqu’à l’âge de 38 ans pour pouvoir me retourner contre mon bourreau, a-t-elle affirmé. Je ne peux pas le faire aujourd’hui parce que je suis non seulement victime, mais je pourrais être en plus accusée de diffamation".

"Un sentiment d'immense révolte"

Quelques jours après la parution du livre, invitée sur le plateau de Salut les Terriens (C8), elle avait laissé le soin et la responsabilité à l'animateur Thierry Ardissonde donner son nom : "David Hamilton, il a aujourd’hui 83 ans, je ne sais pas s’il regarde la télé, mais tu es un bel enculé, connard", lâche Ardisson sur le plateau. Lors de la diffusion, C8, recouvre le nom d’un bip sonore. Mais dès le lendemain plusieurs site,s tels ceux de Gala ou de la Libre Belgique, aiguillés par la précision sur l'âge du photographe, expliquent que le nom prononcé par Ardisson est celui d'Hamilton. Ardisson ne les contredit pas. Dans les jours qui suivent, le photographe publie finalement un démenti à ces accusations, dans un communiqué, évoquant d’"abominables diffamations" et dénonçant "une absence totale de présomption d’innocence".

Mais le 17 novembre, L’Obs publiait les témoignages, sous pseudonyme, de trois autres femmes accusant également Hamilton de viol. "Au même endroit. Le Cap d’Agde. Au milieu des années 80. Et dans des circonstances similaires", expliquait l’hebdo. Des témoignages, qui dès le lendemain avaient poussé Flament à confirmer dans une interview à L’Obs : "L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton". Dans cette interview, elle lançait un appel pour que la parole se libère et exhortait d’autres éventuelles victimes à se manifester.

Après le décès d’Hamilton, Flament a réagi, affirmant : "l’horreur de cette annonce ne saura jamais effacer celle de nos nuits blanches". Plus tôt dans la nuit, son éditrice chez Lattès, Karina Hocine avait déclaré : "On nous a dit que c’était un suicide. Nous sommes partagées entre l’horreur de la situation en tant qu’humain et en même temps, il y a un sentiment d’immense révolte car il n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son oeuvre."



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