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Espagne : le coup de barre à droite d'"EL País" (Libération)

Par le - 17h25 - lu

Mais où va le quotidien "de référence" espagnol ? C’est la question que soulève ce mardi Libération dans un long article intitulé "El País déchire sa page de gauche". "Autrefois journal de référence des milieux progressistes, le quotidien espagnol s’est trahi aux yeux de beaucoup en s’opposant frontalement à Podemos et en donnant des gages aux libéraux", explique le correspondant de Libé en Espagne.


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De fait, dans le pays, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la dérive libérale et le coup de barre à droite de ce quotidien longtemps porte-voix de la gauche progressiste et toujours en tête des titres les plus vendus en Espagne. Dernier exemple en date, rapporté par Libé : un article du site El País relatant l’incident survenu le 19 octobre dernier. Ce jour-là, alors que le président du journal Juan Luis Cebrián et l’ex-chef du gouvernement socialiste Felipe González doivent intervenir lors d’un colloque organisé l’université autonome de Madrid, ils sont interrompus par près de 200 protestataires. Des étudiants, proches de Podemos, qui entravent l’allocution de ceux qu’ils considèrent comme les "représentants de l’establishment et du nouvel ordre néolibéral".

Or si cette tentative de boycott du colloque a été largement désapprouvée par les médias espagnols, "ce qui frappe dans cet incident, explique Libé, c’est l’importance que le quotidien [El País] lui accorde." Car, "ce jour-là, ses éditorialistes y vont fort." En comparant l’incident du 19 octobre avec les méthodes d’assassinat de l’ETA ou le coup d’Etat avorté de 1981 signé par un nostalgique du franquisme."Cette disproportion raconte quelque chose sur la dérive d’El País", explique à Libé Ignacio Escolar, directeur du site d’information de gauche eldiario.es.

"Eviter un executif progressiste en espagne"

"Désormais, pour une bonne partie de la gauche espagnole, El País n’est pas, ou plus, la référence", constate le correspondant de Libé à Madrid qui poursuit : "Les commentaires désabusés qu’on peut fréquemment retrouver dans le courrier du journal en témoignent : «Il s’est converti à l’idéologie libérale», «il maintient encore des thèses sociétales progressistes, mais dans le fond c’est une mascarade», «il ne me représente plus», «il s’est rallié à l’Europe du grand capital»,etc."

Mais c’est le traitement réservé par El País à l’ex-chef de file des socialistes espagnols, Pedro Sánchez, qui cristallise toute les critiques contre le quotidien. Alors que les partis politiques tentent depuis de longs mois de dégager une majorité à même de gouverner, Sánchez a tenté à plusieurs reprises de former une alliance avec le parti de la gauche radicale Podemos. Surtout, il a toujours refusé d’apporter son soutien au conservateur Mariano Rajoy. Une position minoritaire au sein des cadres socialistes qui lui a valu d’être fraîchement débarqué de son poste de secrétaire général du parti en septembre. Or, rappelle Libé, "fin octobre, sur la chaîne Sexta, ce même Pedro Sánchez a dénoncé avoir été victime des pressions exercées par son ancien mentor, Felipe González, par El País et, au-delà, par le groupe Prisa dirigé par Juan Luis Cebrián."


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"Pedro Sanchez accuse les pouvoirs financiers et le groupe Prisa d'avoir faire pression pour maintenir Rajoy", eldiario.es

Pas de doute, pour le directeur du site d’information classé à gauche Infolibre.es, cité par Libération: "L’objectif de Prisa était clair, éviter un exécutif progressiste en Espagne. [...] La preuve par neuf qu’'El País et Prisa, très liés aux grands entrepreneurs et aux banquiers, ont comme principale préoccupation ce que le monde de l’argent exige : la stabilité et l’absence d’incertitude politique." Le traitement réservé par El País à Sánchez a suscité l’indignation jusqu’au sein de la rédaction du quotidien. Fin septembre, la société des rédacteurs s’est soulevée contre un édito du journal tirant à boulets rouges sur Sánchez et le qualifiant de personne "insensée et sans scrupules". Selon Libé, la société des rédacteurs exige désormais de la direction du journal la "fin d’une dérive libérale" et la redéfinition d’"une ligne éditoriale claire et nette".

La situation de El Pais rappelle celle d'une certaine presse française classée à gauche. A ce propos, revoir notre émission avec Aude Lancelin, ex-directrice adjointe de L'Obs, "A L'Obs comme au gouvernement, il y a eu une purge"


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