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Calais en flammes ? La surenchère des tabloïds anglais

Par le - 19h39 - à l'étranger

Calais brûle-t-il ? Les lecteurs des tabloïds britanniques ont de quoi s’inquiéter. Au premier jour de l’évacuation de la "jungle", ce lundi matin, à la une du Daily Telegraph, du Daily Mail ou encore du Times, s’affichent des scènes de fin du monde : flammes rougeoyantes, épais nuages de fumée et forces de l’ordre en action. "La violence éclate à Calais durant la fermeture du camp de migrants" titre le Times, quand le Daily Mail écrit à sa Une "Calais évacué dans le chaos". Si l’on en croit le quotidien: "La police anti-émeute a été attaquée dans le camp de la jungle à Calais la nuit dernière, les migrants allumaient des feux et ont jeté des pierres. Des milliers d’entre eux ont promis de défier les plans du gouvernement français d’évacuer le camp et de le détruire."

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De l’autre côté de la Manche cependant, le récit est différent… Telle cette dépêche de l’AFP, reprise par le Parisien qui évoque simplement des "heurts sporadiques" : "Dimanche des policiers ont tiré des grenades lacrymogènes près de la rocade portuaire et à l’intérieur du campement, d’où plusieurs dizaines de migrants leur ont jeté des pierres. L'une de ces grenades est tombée dans un conteneur à ordures et a provoqué un début d'incendie".

"A l’exception de ces incidents, la journée a été plutôt calme car la plupart des migrants souhaitent désormais en finir avec les conditions précaires du camp", note de son côté l’envoyée spéciale de Soir 3, Charlotte Gillard. Une atmosphère plutôt calme, c’est aussi ce que décrit la journaliste du Monde chargée des questions migratoires, Maryline Baumard, ce lundi matin alors que débutait le démantèlement : "Ça se passe dans le calme. Il y a énormément de forces de l’ordre autour de cette zone, où on a besoin d’accréditations pour rentrer. Ça se passe aussi plutôt dans la bonne humeur. Aujourd’hui, soixante bus doivent partir un peu partout en France."

Quant aux récalcitrants ? "Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va les voir", note la journaliste du Monde. "C’est lorsque cette jungle va se vider et que les autorités vont vouloir commencer à démonter les cabanes que l’on verra s’il y a beaucoup de récalcitrants.Ce sera vers la fin de semaine que l’on pourra mesurer." Côté tabloïds britanniques, on n’a pas attendu pour mesurer. Dès ce lundi, le Sun qualifie le démantèlement de "farce". En cause : "le chaos", la désorganisation dans laquelle aurait eu lieu l’évacuation. Sur son site, le tabloïd multiplie les images de la jungle accompagnées de légendes assassines : "Un officier de policier brandit sa matraque au milieu des échauffourées avec une foule de migrants", "Des scènes de chaos à Calais."

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"Au Royaume-Uni, on observe d'un œil attentif le déroulement des opérations à Calais", note la correspondante de Libé outre-Manche, Sonia Delesalle-Stopler. D'autant que, comme elle le rappelle, "l'arrivée des premiers mineurs au Royaume-Uni a provoqué une polémique nauséabonde orchestrée par la presse eurosceptique, le Sun et le Daily Mail en tête." Des titres qui ont largement relayé les récentes diatribes d'un député conservateur David Davies remettant en cause l'âge réel des mineurs accueillis sur le sol britannique.


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"Tell us the tooth" (jeu de mot avec "Tell us the truth", qui signifie "Dites nous la vérité") avait ainsi titré The Sun le 19 octobre en référence à la proposition du député Davies de prendre les empreintes dentaires des arrivants pour essayer de déterminer leur âge réel. Une proposition que le gouvernement de Theresa May a exclue.



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