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Youtube : des "miettes" reversées pour la musique (Les Jours)

Par le - 15h33 - suivi

Youtube en France, c’est 65% de la musique écoutée en streaming... pour seulement 10% du chiffre d’affaires du streaming. Dans une enquête en deux volets, le site Les Jours a découvert que Youtube ne reversait qu'une toute petite partie des revenus publicitaires engrangés aux maisons de disques françaises, notamment aux plus petites. En cause, des droits "non déposés, mal réclamés ou sous-déclarés" pour près de la moitié des vidéos musicales mises en ligne sur le site. Avec un résultat sonnant et trébuchant pour la plateforme vidéo de Google : "l’argent reste chez Youtube".

Jours

Exemple ? "Une vidéo officielle d’un groupe de rock très connu qui a fait plus de 500 millions de vues sur YouTube depuis sa mise en ligne, en décembre 2012. La composition est revendiquée par plusieurs ayants droit, qui réclament en cumulé 112 % des droits… Ce qui bloque les revenus des créateurs dans une trentaine de pays pour toutes les vidéos qui contiennent cette chanson." Ce problème tient notamment à la complexité de l’attribution des droits : ces derniers, "attachés à une vidéo musicale sont de trois types sur YouTube. La vidéo est gérée par le label qui l’a commandée. La composition – paroles et musique –, la plupart du temps par une société de gestion comme la Sacem. Enfin, l’enregistrement, c’est-à-dire l’interprétation d’une composition, revient lui aussi au label. Mais chacun de ces droits peut tout aussi bien être administré par une personne ou une entreprise différente, voire plusieurs… Ce qui multiplie les risques d’erreurs." Deux majors (grandes entreprises qui regroupent plusieurs maisons de disques), Universal et Warner, se battent par exemple pour le droit de la chanson de James Bond interprétée par le John Barry Orchestra, bloquant ainsi tout reversement (environ 25 000 euros au total par an, qui restent dans les poches de Google).

Autre écueil : s’y prendre trop tard. Comme l’explique le journaliste des Jours, Sophian Fanen, "il n’y a pas de rétroactivité sur Youtube". Par exemple, si vous déclarez vos droits sur une vidéo 48 heures après sa publication, vous perdez automatiquement le bénéfice des deux premiers jours. C’est ce qui est arrivé dans le cas d’une "grande artiste internationale", dont la maison de disque a "perdu" la rémunération des six premiers millions de vues (environ 7 000 euros), pour un simple retard de déclaration.

"Le premier qui parle, c'est lui qui encaisse"

Un retard loin d’être une exception, puisque le système de déclaration des droits mise en place par Youtube serait particulièrement compliqué et "basé sur un langage technique et juridique qui n’est pas celui de la musique". Résultat, les maisons de disque doivent disposer de salariés qui, après une formation dispensée par Youtube, s’occupent de déclarer les droits pour chaque vidéo, à plein temps. Pas forcément évident pour les petites structures voire les artistes indépendants, qui "laissent bien souvent filer les revenus Youtube" par manque de connaissance de la façon dont la plateforme fonctionne.

Et le fait que des ayants droit ne déclarent aucun droit sur leurs contenus profite à des "escrocs" : "Il y a des petits malins qui ont une grosse chaîne YouTube et en profitent pour réclamer les droits de gros classiques [musicaux] égyptiens des années 1960 et 1970, par exemple". Car sur Youtube, c’est la loi de la jungle : "YouTube donne les droits au premier qui parle ; si personne ne s’oppose, c’est donc lui qui encaisse".


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