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Vite-Dit

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Tesson : la solution du chiffon

Par le - 09h15 - le neuf-quinze

Tous les cerveaux malades ne sont pas condamnés à l'indignité médiatique. Après sa tirade islamophobe sur Europe 1 (écoutez ce qu'en dit le camarade Porte), et alors que le parquet vient d'ouvrir une enquête, le chroniqueur octogénaire Philippe Tesson est l'invité de Léa Salamé, sur France Inter. Il est tancé fermement, sermonné, rappelé à l'ordre. "Qu'est ce qui vous a pris ? Vous avez dit que les musulmans foutent la merde en France !" Ah non. Attention. Ne pas déformer. Ne pas trahir sa pensée. "Je n'ai pas dit qu'ils foutent la merde, j'ai dit qu'ils amènent la merde". Et vous le maintenez ? Tesson sort les rames, pour une opération traduction, à destination des chastes oreilles des auditeurs de France Inter : "s'il y a des désordres aujourd'hui en France, il y a quand même davantage de musulmans que de chrétiens qui amènent ces problèmes, non ?" En effet. Ca change tout.

Pour sa défense, Tesson explique que les temps ont changé. Au siècle dernier, période bénie, avant que les serres du politiquement correct s'abattent sur la délicieuse liberté française, on pouvait parler clair, dru, joyeux, exprimer sa pensée telle qu'elle jaillissait de nos cerveaux vigoureux, dire tout haut ce qu'on pensait tout bas. Aujourd'hui, hélas...

"Qu'est-ce qui vous a pris ?" Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, Tesson fait partie de la famille. On ne va tout de même pas encabaner papy, aujourd'hui, à son âge. La saillie islamophobe est certes inacceptable, mérite rappel à l'ordre, réprimande, tape sur les doigts, tout ce qu'on voudra, mais tout de même moins que l'apologie des frères Kouachi sous l'emprise de l'alcool. "Une boulette", dit Joffrin, pour excuser Tesson.

Ces circonstances atténuantes ne sont donc applicables qu'aux éditorialistes multicartes, honorablement connus du milieu. Pas la moindre indulgence, en revanche, pour la collection de semi-débiles, sur qui pleuvent les condamnations à de la prison ferme, depuis deux semaines. "Ils ont tué charlie, moi j'ai bien rigolé. Si je n'avais pas de père ni de mère, j'irais m'entrainer en Syrie", par un déficient mental, bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé, à Bourgoin-Jallieu (Isère) : six mois ferme. A Paris : "quand je vois des bombes qui explosent et des policiers qui crèvent, je rigole". Peu importe s'il s'autoproclame fils de Ben Laden, avec lourds antécédents psychiatriques : trois mois ferme. Sur Facebook : "on a bien tapé, mettez la djellabah, on ne vas pas se rendre, il y a d'autres frères à Marseille" : trois mois ferme. Etc etc. Et aucune invitation de repêchage à France Inter.

Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : ceci n'est pas un appel à l'incarcération de Philippe Tesson. J'aurais trop peur qu'il se radicalise en prison. Mais le code pénal, dans sa grande sagesse, a prévu des peines de substitution, que les tribunaux ont d'ailleurs parfois (mais trop peu) appliquées ces derniers jours. Vive l'éducation ! Il n'est jamais trop tard pour les solutions éducatives ! De même que les semi-débiles à la kalachnikov en carton pâte pourraient, avec profit, effectuer quelques menus travaux au bénéfice d'associations de victimes du terrorisme, de même on pourrait envoyer le semi-débile Tesson, avec son seau et son chiffon, nettoyer les tags islamophobes, qui se multiplient sur les mosquées. Et tout serait pardonné.

Bagnati valeurs

(Illustration, Jean Bagnati)


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