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Rebsamen "libéral" : interview choc dépubliée

Par le - 17h24 - on aurait aimé le dire

Le Miroir, site internet d'un magazine bourguignon, a publié ce matin une interview décapante du ministre du Travail, intitulée : "Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie". François Rebsamen s'y exprimait très librement sur les 35 heures, le Parti Socialiste et son précédesseur Michel Sapin. L'interview est restée quelques heures en ligne avant d'être dépubliée.


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François Rebsamen a-t-il oui ou non accordé une interview au Miroir ? Les avis divergent. L'attaché de presse assure sur Twitter, après avoir retweeté le lien en question, que "le ministre a reçu les journalistes pour faire un reportage sur la vie du ministère, pas pour une interview" et que l'entretien a été retiré parce qu'il contient des erreurs. De son côté, le journaliste du Miroir Jérémie Lorand, contacté par @si, assure que c'était bel et bien une interview : "J'ai fait une demande le 7 juillet auprès de son directeur de cabinet. Je voulais suivre une réunion de travail pour voir à quoi ressemblait la vie au ministère et dans un second temps avoir 30-35 minutes avec le ministre pour évoquer avec lui les conclusions de la conférence sociale, la lutte contre le chômage et les questions de l'apprentissage, qui me tiennent particulièrement à coeur".

"Non, ce serait pire de corriger"

Lorand disposera finalement de 40 minutes en tête à tête, mardi 30 septembre, avec le ministre et son attachée de presse. Le résultat a été publié ce matin sur le site de Miroir à 7 heures du matin. A 10h30, le journaliste reçoit un premier coup de fil de Marie d'Ouince, attachée de presse de Rebsamen, qui voit les meilleurs morceaux de l'entretien tourner sur Twitter : "Vous avez publié l'interview ?" demande-t-elle au journaliste. Elle rappelle quelques minutes plus tard : "C'est catastrophique, il faut supprimer ça tout de suite". Le journaliste estime qu'il faut plutôt "corriger", '"adapter" certaines phrases si elles paraissent trop violentes. Réponse de l'attachée de presse : "Non, ce serait pire de corriger". Le site décide à 11h de dépublier son interview, en gage de bonne foi et envoie, en même temps, une demande de corrections au cabinet du ministre. "Pour moi, la dépublication était temporaire, de l'ordre de 10 à 15 minutes". La demande est pour l'instant restée lettre morte, le contenu n'a pas été republié depuis et le journaliste comptait profiter de la venue, en fin d'après-midi de François Rebsamen à Dijon pour lui poser directement la question.

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Que pouvait-il bien se cacher dans cette interview, toujours lisible en version cache et dans laquelle le ministre déclare "se battre depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie, de la vie de l'entreprise" ? Sur son précédesseur par exemple, l'actuel ministre des finances Michel Sapin, Rebsamen n'hésite pas à balancer : "Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur". Michel appréciera.

Interrogé sur le tollé médiatique provoqué par ses récentes provocations (le ministre du travail souhaitait que Pôle Emploi "renforce les contrôles" sur les chômeurs), Rebsamen n'en démord pas : "Ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 60% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur : en renforçant les contrôles, en assouplissant les seuils, la législation sur les 35 heures, en autorisant le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en politique".

Avant d'en rajouter une couche : "Malheureusement, le Parti socialiste, ou du moins son secrétariat national, refuse toutes ces avancées [...] "Le Parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps".


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Effet Streisand oblige, les propos offensifs du ministre du travail ont depuis été repris par Les Echos, Libération, L'Express, Le Figaro, Metronews, un blog du Monde et un hashtag a été créé sur Twitter : le #RebsamenGate.


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