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Vite-Dit

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Le cocktail clandestin du Tout-Etat

Par le - 09h15 - le neuf-quinze

Où était Jean-Luc Mélenchon hier soir ? Avec Jean-Louis Debré. Et Debré ? Avec Pierre Laurent. Et Laurent ? Côte à côte avec Christian Jacob. Mais où était donc Jacob ? Avec Valls. Et Pécresse. Et Hollande. Comment donc ? Hollande et Mélenchon ensemble ? Oui, et ils ont même parlé. Ils ont parlé, et les medias n'en ont rien dit ? Non, parce que l'AFP a tû l'événement. Que dites-vous ? L'AFP aurait ignoré un événement de cette importance ? Mais où donc s'est produit ce rassemblement clandestin ? Au Siècle ? A Bilderberg ? Dans les Montagnes Rocheuses ? Non. Au siège de l'AFP, à Paris. Et plus précisément, au pot de départ de Sylvie Maligorne, chef du service politique de l'AFP, dont toutes les personnalités ci-dessus mentionnées ont loué le professionnalisme, l'impartialité, etc etc.

Rien à redire au fait que le Tout-Etat se presse au pot de départ d'une journaliste de l'agence de presse nationale. Plus troublant est le fait que cette agence n'en dise pas un mot sur ses fils. Comme si c'était un événement privé. Un événement privé, ce rassemblement transpartis (à l'exception de tout représentant du FN, tiens tiens) dans les locaux de l'agence ? Evidemment non. Mais traité comme tel. Avec une discrétion qui trahit la crainte que les exclus (suivez mon regard) aillent y dénoncer la connivence de l'agence avec "l'UMPS". Et si bien protégé, donc, qu'à l'heure où furète le matinaute, rien ne transpire en ligne de la teneur des apartés, des plaisanteries, du "small talk" entre les uns et les autres. Malgré la densité de journalistes de la presse traditionnelle au mètre carré. Ou plutôt, à cause de cette densité.

Du travail des journalistes de l'agence, rien ne transparait jamais. Pas de scandale, pas d'expression publique. C'est l'éléphant invisible. Avec tous les journalistes de l'AFP qui, depuis la création de notre émission, ont décliné nos invitations, à arrêt sur images, on pourrait créer une rédaction mondiale. Qui, dans le public, connait Sylvie Maligorne, journaliste si bien informée que c'est elle que Hollande appelle directement, pour confirmer sa rupture avec Valérie Trierweiler ? A peine un clapotis dans une longue carrière quand le Premier ministre Jospin, en 2001, dans le vol Rio-Paris, passa à la journaliste un savon mémorable (et totalement injuste), lui reprochant d'avoir sous-estimé, dans ses dépêches, la dimension planétaire de son voyage au Brésil.

Et pourtant, le travail de l'AFP est tout sauf neutre. Que la rédaction en chef de l'agence décide, ou non, de diffuser telle ou telle déclaration, de traiter telle ou telle manif, et cette déclaration, cette manif, existeront -ou non. Pire : que la rédaction en chef décide "d'urgenter" (ou non) telle ou telle dépêche, et elle tombera dans un trou noir d'indifférence, ou enflammera la pampa. Et ce seront pourtant la même dépêche, le même événement. Tout progresse : la rédaction vient de créer un blog de making of, souvent passionnant. Mais il ne concerne que le travail des journalistes à l'étranger, et très rarement ceux du service de politique intérieure. Allez, encore un effort. Que se sont dit Hollande et Mélenchon ? On attend le billet de blog.

Hollande Mélenchon


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