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Licenciement : motion de défiance au Parisien

Par le - 18h46 suivi

 

"Inacceptable" ! C'est le mot qui revient dans la bouche des journalistes du Parisien /Aujourd'hui en France pour justifier la motion de défiance qu'ils viennent de voter à 76 % à l'encontre du directeur des rédactions Thierry Borsa. En cause : la procédure de licenciement inattendue lancée par la direction contre Marc Lomazzi, numéro 2 du service Economie.

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L'histoire commence jeudi 6 février. Lomazzi a rendez-vous avec Borsa. Cela fait six mois qu'il assure l'interim à la tête du service économie. Dans le bureau de Borsa, il y a également le directeur des ressources humaines du groupe, Jean-Louis Pelé. Et là, Borsa et Pelé lui font savoir qu'ils veulent se séparer de lui car il ne serait pas assez impliqué dans le nouveau projet d'organisation du journal. Il s'agit notamment de fusionner plusieurs services en un seul, comme c'est le cas pour le pôle Actualité qui regroupe désormais les services France, Economie et Société (@si vous avait raconté que cette nouvelle organisation suscitait de nombreux remous en interne). Au cours de l'entretien, on lui ressort même un épisode de 2009 - trop vieux pour être retenu juridiquement contre lui - lorsqu'il s'était opposé, au nom de la déontologie, au fait que les journalistes du service Eco soient également ceux qui réalisent le supplément Economie, plutôt favorable aux entreprises.

De fait, Lomazzi qui n'est absolument "pas une forte gueule" avait émis quelques réserves, en janvier lors d'un séminaire, vis à vis d'un plan de réorganisation qui "rendait le travail beuacoup plus compliqué". Cela a visiblement suffit à la direction pour engager une procédure de licenciement. Résultat : les salariés du Parisien / Aujourd'hui en France ont déposé deux motions, l'une de défiance envers Borsa, et l'autrre de soutien à Lomazzi votée, elle, à 91 % des voix. Lundi 10 février au matin, Borsa a reçu les représentants de la SDJ. Il a affirmé n'avoir "aucune faute à reprocher" à Lomazzi, seulement il a dit avoir l'impression que ce dernier "ramait à contre-sens".

"Cet épisode dénote une nouvelle fois de la terreur inacceptable que la direction veut faire régner dans cette rédaction. En gros le message est le suivant : vous pouvez être licenciés sans raisons", dénonce Elisabeth Fleury, présidente de la SDJ. Un autre journaliste abonde : "Lomazzi était apprécié et soutenu par toute la rédaction. C'est un type loyal qui a juste émis quelques réserves. Le licencier pour cela peut-être la goutte d'eau qui fera déborder le verre de notre ras le bol". Suite cette semaine : jeudi 13 février, Lomazzi est convoqué pour son entretien préalable. Vendredi 14 février, les salariés du journal ont prévu de se réunir en AG pour envisager d'autres actions de protestation en fonction du rendez-vous de la veille.

L'occasion de lire notre enquête sur le malaise au Parisien où les journalistes se disaient "très inquiet par la prégnance des considérations économiques sur leur travail".


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