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2017 : mort de Facebook programmée (et contestée)

Par le - 13h22 - lu

Facebook pourrait perdre 80% de ses utilisateurs entre 2015 et 2017 selon deux chercheurs de Princeton. L'étude a été largement reprise dans la presse en ligne, en France comme à l'étranger. Davantage que le résultat, c'est surtout la méthode utilisée, assez étonnante, qui a été commentée. Dans leur étude publiée vendredi dernier, John Cannarella et Joshua A. Spechler utilisent en effet les modèles de propagation des maladies virales pour analyser l'expansion et le déclin des réseaux sociaux. "L'adoption [d'un réseau social] est l'analogie de l'infection et l'abandon celle du rétablissement" expliquent les chercheurs.

Pour affiner leur modèle, ils l'ont confronté au cycle complet de vie de Myspace qui, en des temps immémoriaux (2005), a connu un développement et un déclin rapides. Appliqué à Facebook, le modèle estime à 2012 le pic d'adoption et prévoit une chute (très) rapide du nombre d'utilisateurs. La mort clinique du réseau social est programmée d'ici 2017. Pour autant, les résultats de la recherche sont à considérer avec prudence.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Tout d'abord, les deux chercheurs appartiennent bien à l’université de Princeton, ce qui a crédibilisé leur recherche et facilité les reprises, mais ils travaillent en fait au département de mécanique et d’ingénierie aérospatiale. "Ces types ne sont même pas sur Twitter" ironise le site spécialisé Technorati pour pointer du doigt la distance entre leur champ d'étude et les réseaux sociaux.

picto Le modèle, très contestable, prévoit la "fin" de Facebook pour 2017

Cette méconnaissance des pratiques pourrait d'ailleurs expliquer que les chercheurs n'utilisent pas les chiffres d'inscription pour juger de l'intérêt du public mais les données publiques "Google Trend" qui indiquent les tendances de recherche pour des mots clés (ici "MySpace" et "Facebook"). Or ces données ne permettent de connaître ni les caractéristiques des inscrits (l'âge notamment) ni le temps passé sur le réseau social par exemple. Surtout, les requêtes Google ne prennent pas en compte l'utilisation massive des applications mobiles (environ 50% des connexions Facebook aujourd'hui), note Slate. Enfin la plateforme de publication de la recherche, "arXiv", n'est soumise à aucun contrôle par les pairs, généralement gage de qualité des recherches.

Facebook n'a donc pas encore signé son arrêt de mort, mais le réseau subit en tout cas des transformations majeures avec un vieillissement de ses utilisateurs, reconnu par l'entreprise elle même. Là où la plupart des commentateurs notait le désintérêt des 13-17 ans pour Facebook en 2013 aux États-Unis (-25%), ils oubliaient de noter au passage que la masse des utilisateurs de 25 à 77 ans continuait de croitre très fortement.

L'occasion de relire une chronique poussiéreuse, déterrée pour l'occasion et datant de Mathusalem, aux débuts de Facebook (2007) : "Vous avez raté Second Life ? Trop tard. Maintenant, c'est Facebook !"


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