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NSA : pression d'une université US sur un chercheur

Par le - 13h03 - lu

Demander à un professeur de retirer un billet de blog critique envers la NSA ? C'est ce que vient de faire une université américaine sous contrat avec la National Security Agency (NSA dénoncée par Edward Snowden pour son espionnage généralisé des communications sur Internet). Le billet en question était consacré aux méthodes de la NSA pour "casser" le cryptage des données sur Internet. Officiellement, l'université considère qu'il incluait des liens vers des informations confidentielles disponibles sur Internet, et critique la présence du logo de la NSA dans le billet. Le professeur le signale sur Twitter, l'université fait marche arrière.

Matthew Green, spécialiste en cryptologie, chercheur à la Johns Hopkins University (JHU, 7 000 étudiants plus un centre de recherche) de Baltimore, travaille sur les différentes méthodes de cryptographie permettant de protéger la vie privée d'un internaute. Il a écrit un long billet sur son blog, le 5 septembre, lorsque, ce jour là, le New York Times a publié des documents détaillant le budget (250 millions de dollars par an) et le travail de la NSA pour contourner, par tous les moyens, la majorité des systèmes de cryptage utilisés par les internautes et les grands du Net.

JHU

Hier, 10 septembre, un responsable par intérim du département de l'université où travaille Green lui demande, par e-mail, de supprimer les copies de son blog présentes sur les serveurs de l'université, car il aurait mis des liens vers des informations confidentielles, et utilisé le logo de la NSA pour illustrer son billet. De plus, ce responsable conseille à Green de prendre un avocat s'il continue ce genre de choses. Evidemment, Green raconte son aventure sur son compte Twitter.

Green

"J'ai reçu une demande du responsable de mon département ce matin m'invitant à retirer des serveurs de l'université, toutes les copies de mon billet de blog sur la NSA" écrit Matthew Green sur son compte Twitter

Puis Green donne d'autres détails, toujours sur Twitter. Il remarque qu'il a fallu que quelqu'un de l'université signale son billet à la direction, mais "en tout cas, j'ai été clair, je ne fermerai pas mon blog qui n'est pas hébergé sur le site de la JHU (...) J'ai retiré le logo de la NSA. Je n'ai retiré aucun lien ou autre illustration montrant des informations qui étaient confidentielles et sont désormais publiques, parce que cela serait stupide."

Green ajoute : "Je suis stupéfait par toute cette affaire. J'espère ne plus jamais recevoir un e-mail de ce genre, et je crois fermement que la JHU est dans son tort face à la liberté universitaire, quelles que soient ses obligations légales. Mais je ne veux pas créer de problèmes à l'excellente équipe de la JHU et je laisse mes billets en dehors de ses serveurs. Je ne sais pas si c'est sérieux ou si c'est une tempête dans un verre d'eau".

Green précise que la personne qui a signalé son billet à la direction travaille pour l'Applied Physics Laboratory (APL) de l'université, comme le souligne le site d'enquêtes journalistiques Pro Publica. Green ne travaille pas pour l'APL. Cet organisme (comme l'indique son site) emploie 5 000 personnes qui travaillent sur 600 projets pour des agences gouvernementales, pour l'armée américaine (missiles pour la marine qui modernise sa flotte etc..), ainsi que pour ... la NSA.


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