A propos d'arretsurimages.net


La vocation principale d’@rrêt sur images est la réflexion critique sur les médias.

L’unique ressource de notre site est constituée par les abonnements, ce qui garantit notre totale indépendance par rapport à tous les pouvoirs, institutions, entreprises, annonceurs, ou aux autres médias. Le tarif normal est de 45€ par an, ou 1€ le premier mois puis 4€ par mois.

Le site d’@rrêt sur images prolonge l’émission du même nom, créée par la chaîne publique de télévision France 5 en 1995, et supprimée en 2007 (cf. infra). Le site élargit le champ d’intervention de l’ancienne émission : tous les médias sont désormais concernés, et plus seulement la télévision.

Le site est exploité par une Société par Actions Simplifiée, Loubiana. Daniel Schneidermann en est pour l’instant le président, et l’associé unique. Cependant, cette société a vocation à accueillir comme associés les partenaires et salariés du site.

Une petite histoire subjective d'@rrêt sur images

Au tout début d'Arrêt sur images, Loft Story n'existait pas et Daniel Schneidermann portait encore des vestes par-dessus ses chemises. C'est dire. Un jour de 1994, France 5 (qui s'appelait encore La Cinquième) lui a proposé de faire une émission sur la télé, à la télé. Ça tombait bien : la télé, il en parlait souvent, dans des chroniques pour Le Monde. Avec deux autres journalistes branchés sur les choses cathodiques, Arnaud Viviant (de Libé) et Alain Rémond (de Télérama), ils ont réfléchi à ce à quoi ça pourrait ressembler. Ils ont tourné un premier numéro, qui était très mauvais, mais la chaîne a dit banco, alors ils ont continué. Schneidermann a appelé en renfort une animatrice d'Europe 1, Pascale Clark, qui est restée deux saisons puis est repartie à la radio, où elle a fait plein de choses depuis – comme quoi il y a une vie après ASI.

Chez Arrêt sur images ça décryptait à tout va, de très vieux téléspectateurs disent même qu'il y avait des émissions entières sur « les couleurs utilisées par les hommes et femmes politiques dans leurs campagnes ». C'est dire. C'était l'époque où le mot « décryptage » n'était pas à la mode chez les journalistes, où Les Décodeurs ne décodaient pas, où les fact-checkers ne checkaient pas, et où Yann Barthès lisait encore Mon Petit Quotidien. Bref, c'était il y a longtemps et sans trop se vanter, on peut dire que c'était un peu pionnier. Schneidermann a continué comme ça un bout de temps. Et puis son caractère de ronchonneur - connu à vrai dire de certains depuis qu'il avait démissionné de son école de journalisme - a pris le dessus, et il s'est fait virer du Monde pour avoir écrit des choses sur ses chefs qui ne seraient pas très transparents. C'était en 2003. Il est parti chroniquer chez Libé. En 2007 ça n'a pas manqué : il a encore dit du mal de ses patrons qui ne seraient pas très transparents, et il s'est fait virer de France 5 (qui ne s'appelait plus La Cinquième).

Dans toutes ces histoires, Daniel Schneidermann a laissé tomber ses vestes par-dessus ses chemises, et surtout, il a trouvé sur sa route des tas de gens prêts à donner un coup de main pour pouvoir continuer à écouter et lire des journalistes pas commodes comme lui. Quand il s'est fait virer de France 5, un téléspectateur du nom d'Antony Morel s'est dit que c'était dommage que sa fille qui venait de naître, Loubiana, ne puisse pas regarder avec lui ASI le dimanche midi. Il a lancé une pétition, qui a recueilli 180 000 signatures en quelques jours - c'est pour ça qu'aujourd'hui, la société qui édite arretsurimages.net s'appelle Loubiana. Schneidermann s'est dit bon, allons-y pour continuer tout ça sur Internet. C'est là que les équipes de Gandi, un hébergeur dont le slogan est « No bullshit », ce qui finalement convenait assez bien à DS aussi, lui ont proposé leur aide et ont construit de leurs mains expertes et pour rien du tout une première version d'arretsurimages.net.

Plein de gens se sont abonnés, ce qui n'était pas évident parce qu'à l'époque, les sites payants n'étaient pas légion - Mediapart est né quelques mois plus tard. L'équipe s'est renouvelée. D'abord, un étudiant en géographie du nom de François Rose, qui s'ennuyait pendant ses vacances, est venu pour aider à encaisser les chèques des premiers abonnés. Depuis, il est devenu réalisateur (et décorateur (et assistant de direction (et négociateur de partenariats (et réparateur officiel des vélos des membres de l'équipe)))). Depuis 2014, il a un nouveau voisin de bureau : Axel Everarts de Velp, webmaster et développeur. Quand il n'est pas en train de batailler avec des lignes de code, Axel rappelle gentiment mais fermement aux journalistes de la rédaction le bon usage des italiques et des majuscules – c'est un crack en orthographe, c'est pour ça que nos abonnés qui s'adressent au support technique reçoivent toujours des mails écrits au cordeau.

Côté journalistes, l'équipe permanente actuelle se compose d'un prof d'histoire, Sébastien Rochat, qui a commencé à écrire des chroniques sous le nom de Sherlock Com' et connaît par coeur tous les numéros du Canard enchaîné depuis 1915 ; d'Anne-Sophie Jacques, éconaute en chef et seule journaliste de France capable de faire plein de blagues pendant ses interviews téléphoniques sur la réforme fiscale ; de Justine Brabant, qui n'a aucune pitié pour les chaînes de télé qui confondent Rwanda et Burundi ; de Robin Andraca, qui a découvert avec bonheur en arrivant chez ASI qu'il pouvait être payé pour regarder des séries américaines – ce qu'il fait depuis vingt ans ; et de Vincent Coquaz, dont la seule évocation du nom fait trembler tous les journalistes copieurs-colleurs de France. Tous seraient très perdus sans Adèle Bellot, la documentaliste du site, qui en plus d'indexer à peu près toute la télévision française, fait apparaître magiquement lors de chaque émission LA photo dont l'invité est en train de parler.

Schneidermann a également dégoté une fine petite équipe de chroniqueurs. L'écrivain et illustrateur Alain Korkos s'empare chaque semaine d'images d'actualité pour en faire la brève généalogie sur douze générations (et comme c'est un esthète, il ne peut pas s'empêcher de temps en temps d'organiser des concours où on gagne des tongs à marguerites). Le camarade Didier Porte, quant à lui, a débarqué avec ses valises et tout son mordant après s'être fait virer de France Inter. Depuis il égaie les plateaux d'ASI de ses chroniques sans pitié, et fait rire jaune quelques invités. Depuis 2014, les chroniques de Jean-Marc Manach sur la surveillance des télécoms, le piratage et le darknet obligent le renseignement américain à souscrire à un abonnement à Arrêt sur images (non, il ne pirate pas le site de la NSA ; il sait juste utiliser Google). Daniel Schneidermann lui-même se prête à l'exercice de la chronique chaque jour dans le 9h15, qui paraît parfois à 9h17.

Pour ses abonnés qui malgré tout ça n'en avaient pas encore assez à se mettre sous les yeux, l'équipe a lancé d'autres émissions, qui ont disparu après quelques années d'existence, ou sont devenues des sites satellites et autonomes, adossés au vaisseau amiral pour la logistique, comme Hors-Série. Actuellement, ASI diffuse deux émissions produites en partenariat : le 14h42 (présenté par Jean-Marc Manach, qui tient aussi une chronique) avec NextINpact, et C'est pas qu'un jeu avec Canard PC. Mais la souplesse du fonctionnement du site est telle qu'une partie de ces informations seront sans doute caduques quand vous les lirez.

ASI a gagné en indépendance, aussi : plus de patron de chaîne mécontent, c'est relaxant, surtout pour Daniel Schneidermann qui ne risque plus de se faire virer. Le site refuse les aides d'Etat à la presse (pour pouvoir être libre d'écrire qu'elles sont mal distribuées) et celles du fonds Google (pour pouvoir être libre d'écrire qu'il achète la paix sociale). Bref, quand on parle d'indépendance, ça n'est pas de la blague. C'est pour ça qu'ASI a plus que jamais besoin d'abonnés : faire une bonne émission, écrire des enquêtes sérieuses, ça prend du temps, et des journalistes à payer. D'ailleurs, pour rassurer nos abonnés sur le fait que leur argent n'est pas utilisé pour nous payer des séminaires aux Bahamas, le site publie chaque année ses comptes. Alors, pour que la petite histoire continue : lisez, regardez, abonnez-vous et faites connaître !